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  • La Rédaction

ZAC MARTELLY : Le formidable cadeau de J. Viaud à Bouygues

Mis à jour : 24 août 2019



Dans nos précédentes éditions nous avions apportés plusieurs éléments à votre connaissance concernant la façon dont ce projet est envisagé.


Nous avons évoqué l’instabilité des sols rendant ce projet aléatoire quant à la prédictibilité des coûts (lire ici)


Nous avons aussi évoqué les évaluations fantaisistes concernant les coûts de démolition et de soutènements (lire ici)


Nous allons ici évoquer la partie la plus pernicieuse de ce projet, si tant est qu’il aurait fallu ajouter encore quelques écueils supplémentaires, c’est-à-dire le montage juridique et le partage des responsabilités.


Nous avons présenté le projet à un ingénieur du BTP, polytechnicien, qui fait autorité sur la région PACA, qui a dirigé plusieurs projets majeurs du BTP d’équipements publics sur la Côte d’Azur, la Corse et Monaco, et donc rompu aux relations avec les grands groupes.


D’après l'expert contacté, plusieurs projets se sont construits sur des amas de limons et d’éboulis dans la région : « Ce sont des constructions qui peuvent être soutenues par des inclusions de micro pieux. Hormis le coût de la construction, il n’y a pas vraiment d’écueils techniques. » Sous-entendu qu’en fonction des caractéristiques géologiques, la facture du soutènement peut aller du simple au double pour le même résultat.


En ce qui concerne les études des écoulements des eaux, notre interlocuteur a été plus circonspect. De son point de vue, les abaques actuels ne permettent plus de faire des études aussi fiables qu’il y a une quinzaine d’années. Les évènements climatiques violents récents montrent qu’il faut faire preuve de plus de prudence. L’évacuation des eaux sera un point capital autour du projet ainsi qu’en aval,et donc un coût supplémentaire aujourd'hui non pris en compte.


Mais le point qui a fait réagir le plus notre interlocuteur, c’est la nature du contrat signé entre Bouygues et la Ville de Grasse. En effet, pour lui, il comporte une faiblesse majeure, qui sera la brèche dans laquelle le promoteur va s’engouffrer au premier problème.


Dans le cadre du projet de la Zac Martelly, il est prévu que la Ville est en charge de la démolition, de l’évacuation des gravats et du soutènement de zone. Il va falloir consolider les sols pour soutenir le parking ND des fleurs et le haut de la rue du 11 Novembre.


Pour l'expert, les collectivités n’ont pas les capacités techniques et humaines à supporter de tels projets, même avec l’assistance d’une AMO (Assistance à Maitrise d’Ouvrage, un bureau d’études qui a des compétences techniques et qui les loue ponctuellement). Il y aura forcément des choses qui ne vont pas se passer comme prévu et/ou qui ne correspondront pas aux cahiers des charges de Bouygues, qui sera en position de force pour réclamer des travaux, des dédommagements, des rallonges de crédits etc…


Dans un marché ou les marges sont très serrées, tout est bon pour augmenter celles-ci. Et gagner des procès est une façon de générer plus de marges pour un gros groupe de BTP, surtout que les montants sont souvent très importants. Il est admis dans le milieu du BTP que le service juridique de Bouygues est un des plus performants du marché. D’après l'expert en BTP, ayant une grande expérience des pratiques des grands groupes en tant que contractant, la Ville de Grasse aurait dû signer un contrat couvrant l’ensemble du projet.


Alors pourquoi un tel contrat aussi mal ficelé ?


Question 1 : Est-ce que Bouygues, ayant identifié des problèmes potentiels, des risques trop élevés, aurait préféré donner la patate chaude à la Mairie ? Une pratique courante consiste à fournir un devis tellement élevé que le « client » ne peut accepter l’offre.


Question 2 : Dans ce cas, est ce que J Viaud a-t-il été contraint de prendre à son compte, et celui des Grassois, cette partie très risquée et très onéreuse afin de ne pas annuler purement et simplement ce projet phare de sa mandature ?


Question 3 : Y-a-t-il des éléments extérieurs qui ont obligé J Viaud à poursuivre dans cette voie vouée à l'échec et potentiellement un désastre financier (un de plus)?

On pourrait, par exemple, penser au projet avorté du Funiculaire, dont Bouygues était le titulaire, la Zac Martelly arrivant en lot de consolation, après le fiasco de la ZAC de la porte Neuve (voir ici).


Que va -t-il se passer en cas de litiges et de procès ? V a-t-on rester des mois, voire des années avec un gros trou et un parking en moins ? Et J Viaud aurait beau jeu de dire..."on ne savait pas...." Gouverner, c'est prévoir.


Il faut avoir en tête, qu’après la signature du contrat en Juin 2019, si la ville de Grasse décide de se retirer, la collectivité devra verser plusieurs millions d’euros à Bouygues, en dommages et intérêts, pour non-respect du contrat, alors que le moindre coup de pioche n'a été donné. Dans un même temps, Bouygues ne devra rien à Grasse si il se retire du projet. Et dire que certains se pâment devant les qualités de négociateur de J Viaud.


Le projet de la Médiathèque, géré par J Viaud, et non par un promoteur, qui n’en finit plus, à force de litiges et d’écueils techniques, est le parfait exemple de ce que la collectivité ne sait pas faire et ne doit pas faire (un budget triplé, 7 ans de travaux, etc.).


Pourquoi J Viaud s’est-il entêté dans un tel projet ?


Cette répartition des responsabilités fait prendre de gros risques techniques et financiers à l’ensemble de la collectivité et c’est ce point spécifique qui a été pointé par notre expert.


Et vu le nombre de procès perdus par la Mairie de Grasse depuis des années, nous pouvons faire confiance à J Viaud pour perdre encore quelques millions d’euros dans ce projet pharaonique et inadaptés aux réalités grassoises.


#VilledeGrasse #JeromeViaud #CAPG #Grasse #Grasse06


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