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  • La Rédaction

ZAC Martelly (2) : pour accueillir les futurs écoliers le maire a cinq ans pour y penser !




Dans notre premier article sur le projet de la ZAC Martelly, nous avons évoqué le volet financier, long et risqué, sur le dos des Grassois, notamment avec, comme un gag, un emprunt de 11 M€ sur… 40 ans !


« Un emprunt long terme », selon le maire qui savait que ces quatre décennies supplémentaires d’emprunt allaient interpeller les Grassois. C’est pour ne pas trop plomber l’endettement de la Ville qui pèse lourdement sur l’investissement, en l’étalant dans le temps. La belle affaire !


Nous avons aussi rappelé que ce projet était lancé depuis décembre 2010… Ce qui aurait pu laisser croire que, Jean-Pierre Leleux, puis Jérôme Viaud (il faisait partie du cabinet du maire jusqu’à son élection en 2014), avaient bien préparé leur affaire. Même pas.


Lors de la soirée de présentation au Théâtre de Grasse (24/4/19), une question a été posée par un Grassois : « De quelle école vont dépendre les familles qui vont intégrer les nouveaux logements ? ». Réponse du maire : « Une répartition sera faite en fonction du nombre d’enfants et la carte scolaire sera révisée. » Et, cerise sur la gâteau : « Nous avons cinq ans pour y travailler » !


Aveu époustouflant d’impréparation du projet de la part du maire qui avec son prédécesseur n’ont pas travaillé sur la scolarité des enfants dont les parents allaient vivre à Grasse, dans le cadre du projet Martelly !


C’est ce qui s’appelle sans doute avoir un esprit visionnaire et aussi le sens de l’intérêt de ses futurs administrés et de leur progénitures. Quand-même !


Dans le projet il va y avoir 150 logements nouveaux. Un enfant par logement, deux, plus, aucun ? Le maire ne le sait pas précisément, ce qui est logique. Mais ce qui l’est moins est que lui et son équipe n’ont pas travaillé sérieusement ce dossier en amont pour absorber correctement l’afflux potentiel d’élèves. Rien. J. Viaud à « cinq ans pour y travailler » !


Pendant huit ans les deux maires n’ont donc pensé qu’à la façon de réaliser leur projet, sans penser aux enfants qui allaient être scolarisés dans le nouveau quartier Martelly.

Que les futurs habitants, s’ils ne sont pas Grassois, sachent qu’il y a une école juste en dessous du projet : l’école Gambetta, maternelle (191 élèves) et primaire (252 élèves).

Elle n’accueillerait pas les futurs écoliers ?


Le maire n’a pas évoqué cet établissement scolaire comme lieu d’accueil, mais d’une « répartition »… ce qui laisse entendre que les parents devront transporter dans les autres écoles grassoises leurs progénitures. Quelles écoles ?


Et connaissant les superbes difficultés de circulation, surtout en périodes scolaires, les primo arrivants béniront avec ferveur le maire de son impéritie. Tout comme les autres usagers.


Pourtant, en 2007, trois ans avant le lancement du projet Martelly, l’école primaire Gambetta avait traversé une période difficile : elle s’était retrouvée confrontée à un afflux de nouveaux élèves.


Dans le quotidien Nice Matin d’août de la même année, le directeur de l’établissement scolaire déclarait : « C'est la première fois, cette année que nous refusons des élèves ».

Du jamais vu dans cet établissement du centre-ville au sein duquel la fermeture d'une classe avait, un temps, été envisagée... mais aussitôt abandonnée en raison de la spécificité de l'école qui accueille, chaque année, une trentaine « d'enfants nouvellement arrivés en France » (ENAF). Des élèves qui demandent une attention toute particulière, précisait l’auteur de cet article…


Qui poursuivait : mais avec la construction de nouvelles résidences à Roure et Porte-Neuve, l'école a enregistré, pour cette rentrée 2007, un afflux de demandes d'inscription. Vingt ont pu être satisfaites mais de nombreux élèves ont été répartis dans d'autres écoles de la ville.


Le directeur concluait : « Le phénomène n'a peut-être pas été suffisamment anticipé, ça fait un peu peur de voir tous ces immeubles sortir de terre, penser qui y habitent forcément des enfants et ne pas savoir où les scolariser. Pour le moment nous avons de la place, mais l'an prochain? Sans compter qu'une dizaine d'élèves étrangers arrivent entre septembre et octobre... »


Certaines classes comptent 30 élèves, un effectif « un peu lourd ».


Juste et prémonitoire réflexion… dont personne n’a tenu compte, puisque le maire n’a pas eu de réponse précise à apporter le 24 avril dernier.


« Nous avons cinq ans pour y travailler », avait-il conclu en réponse à la question scolaire, de ce Grassois perspicace, alors qu’en dix ans le problème n’a pas été réglé.


« Cinq ans », le maire, pense déjà, et quoi qu’il en dise, aux municipales de 2020, avec son message subliminal, « J’ai lancé Martelly, je le terminerai. Faites-moi confiance. » Mais avec son palmarès à la tête de la ville, il doit bien se douter que la chose ne sera pas des plus aisée.


Et dans cinq ans, soit c’est lui, et il verra ; soit c’est un autre qui règlera l’affaire. Après moi le déluge.


Le « slogan » lancé par l’équipe municipale, « Construire Grasse ensemble », comme marque de garantie et de sérieux, pour rassurer la population circonspecte, prend dans cette absence de perspective toute sa saveur. Et son intérêt.


Ensemble, oui, mais dans cinq ans. Et encore.


Nous proposons un nouveau « slogan » au maire, plus juste : « Avant, on construit ; après, on verra ».


#Grasse #Grasse06 #JeromeViaud

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