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  • La Rédaction

Vidéo surveillance : Jérôme Viaud en rajoute dans Nice Matin, mais pas sur France Bleu Azur





Dans Nice Matin (16/5), le maire y est allé de son couplet sécuritaire. Aux 74 caméras déjà en place il va se rajouter 56 autres, d’ici à… 2020. Un vrai festival !


Combien va coûter l’affaire ? Selon Jérôme Viaud, 350 000€ dont 120 000€ de subventions de l’Etat, soit 230 000€ à la charge de la Ville. Une somme qui n’a toujours pas été budgétée, puisqu’elle n’est pas passée en appel d’offres.


« C’est un choix sécuritaire clairement affiché ». C’est certainement moins cher qu’une présence humaine plus efficace sur le terrain. Il est vrai qu’à moins d’un an des élections municipales, c’est toujours bon de montrer ses biscotos !


Le rédacteur du quotidien local énumère les quartiers qui vont bénéficier de nouvelles caméras : plus 22 en centre ancien (devant la Médiathèque, pour surveiller les travaux de Martelly, devant Monoprix ?), 11 à Saint-Jacques et Sainte-Anne (pour filmer les embouteillages et les futurs travaux du prolongement de la pénétrante ?), 9 aux Aspres-Fleurs de Grasse (pour filmer là aussi les embouteillages ?), 3 au Plan (devant le mur de pelote basque ?), 9 à Saint-Claude (pour être sûr que l’avenue Sidi-Brahim est bien défoncée et que la limitation de 30km/h est un rêve ?) et 2 nomades à Magagnosc et Plascassier qui sont, c’est bien connu, des hameaux à risques où les habitants sont confrontés aux pires exactions sanglantes de bandes rivales qui font régner la terreur !


Et qui sauront commettre leurs méfaits quand la caméra ne sera pas au bon endroit. Ce qui pose une question : ces caméras mobiles seront posées avant ou après le délit, l’incivilité, ou le problème de circulation ?


Car la question est bien là ! Quelles hausses de la criminalité ou de la délinquance peuvent justifier, (le mois de mars 2020 ?), une telle surenchère vidéaste sécuritaire ?

A part la déclaration du maire, rien de précis. Sinon, ça se saurait.


Déjà un article (publié dans le même quotidien (3/5), avait annoncé la surenchère sécuritaire.


Il y était question de « grands axes sécuritaire ont été tracés (…), lors de la séance plénière du conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD). » Jérôme Viaud était présent, ainsi que la nouvelle sous-préfète de l’arrondissement de Grasse, Anne Frackowiak-Jacob.


Le rédacteur avait eu le bon goût de souligner une phrase de la représentante de l’Etat qui aurait pu enfoncer plusieurs portes ouvertes à la fois : « La sécurité est une affaire de tous, ici ». On imagine mal une sous-préfète et un maire affirmer le contraire.


Dans cet article on y parle de coordination des polices. Le journaliste évoque ce passage avec amertume : « Du coup la collaboration entre les forces de l’ordre n’est pas de trop, c’est l’objet de la convention de coordination en les polices municipales et nationale, suivi de bilan détaillé (sic) de l’action 2018 des deux entités et des perspectives 2019. Echanges confidentiels auxquels nous n’étions pas conviés. On espérait pouvoir récupérer quelques chiffres supplémentaires pour comparer les tendances d’une année à l’autre, par exemple. On les attend encore. »


Dommage pour les caméras supplémentaires. Mais révélateur...


Puis c’est autour de délinquance juvénile et de la lutte contre la radicalisation, toujours sans apporter des chiffres précis. Là encore il est dommage que les responsables de la sécurité n’aient pas apporté de données sur ce sujet.


La sous-préfète a insisté sur la lutte contre les violences faites sur les femmes. Ainsi que les violences intrafamiliales, où l’on observe « une recrudescence des chiffres ». Ces chiffres sont pour les Alpes-Maritimes : « sept femmes décédées en 2018, huit en 2017. (…) Une femme battue sur dix franchi la porte d’un commissariat. Il y a eu 1800 plaintes dans les A-M en 2018 et qu’au moins 500 enfants sont concernés par les violences intrafamiliales. » Des chiffres, c’est possible !


Puis le maire évoque les actions menées « contre les cambriolages avec l’opération tranquillité vacances, les occupations illégales de terrains, les incivilités avec la campagne de lutte lancée en mars, les violences dans les transports, ou encore le harcèlement de rue… toujours sans rien de précis qui justifieraient la pose de caméras.


Maintenant nous savons pourquoi.


Ces données seraient-elles si contrariantes pour le maire ?


En effet, soit les crimes ou autres délits sont en augmentation et il a sa part de responsabilité, (ce n’est jamais bon pour l’image de la ville), soit c’est le contraire et c’est tant mieux, mais dans ce cas, les nouvelles caméras ne sont qu’un argument supplémentaire de campagne municipale.


Là, contrairement à la communication « stakhanoviste » du maire, c’est d’une discrétion de rosière.


A la fin de l’article du 3/5, il y a quelques chiffres (2018) à se mettre sous la dent (sécuritaire). Dont ne peut pas dire qu’ils justifient les caméras supplémentaires. Chacun appréciera.

‑ 25 personnes ont bénéficié d’un suivi psychologique par l’Arpas (Association régionale pour les actions de santé).

‑ 28 zones du dispositif voisins vigilants – soit 2 de plus qu’en 2017 – à savoir 448 foyers.

‑ 51 mineurs en situation de vulnérabilité et en rupture scolaire ayant participés aux chantiers éducatifs Apprentis d’Auteuil.

‑ 209 personnes (63 mineurs et 146 majeurs) ayant bénéficié d’un accompagnement socioprofessionnel par la Mission locale.

‑ 2651 interventions répréhensibles réalisées par la Police municipale.

‑ 3420 interventions de la brigade de l’environnement, ayant occasionné 289 PV.

Cette liste se termine par cette phrase ambigüe : « A noter que les chiffres présentés concernent uniquement Grasse ».


Puis, le 16 mai, à 7 heures, sur « France bleu azur matin », Laurent Vareille questionnait par téléphone Jérôme Viaud qui a tenté de jouer son couplet. La musique était différente.


Donc, nous avons voulu immortaliser cette interview, précise, argumentée. (Cliquer ici pour la totalité de l’interview).


‑ Première question : Pourquoi installer de nouvelles caméras de vidéo surveillance sur la ville de Grasse ?


‑ J. Viaud : La volonté a été de mailler un territoire qui est très grand. (…) pour pouvoir être présent sur la totalité de notre territoire, c’est des choses qui sont attendues.


‑ Le journaliste : Y en avait-il besoin et avez-vous des chiffres à nous donner pour justifier ces installations, parce que souvent on installe des caméras parce qu’il y a de la criminalité ou des incivilités qui augmentent, est ce que vous avez des chiffres ce matin, aujourd’hui, en mai 2019 pour avoir besoin de nouvelles caméras ?


‑ J. V. : Il n’y avait pas de chiffres particuliers qui demandaient cela, mais les caméras sont utiles pour pouvoir gérer un certain nombre de situations, gérer le flux de circulation urbain, des questions d’enquête, de surveillance de la voie publique, et c’est quelque chose qui était un engagement en tout cas que j’avais pris et aussi une attente de nos concitoyens pour des raisons sécuritaires. Les chiffres que je peux vous donner est qu’on va être dotés de 56 caméras supplémentaires pour aller jusqu’à 130. On va pouvoir surveiller toute la ville d’un quartier à l’autre, on a une ville qui est très grande…


‑ Le journaliste : Les caméras seront aussi installées dans les hameaux ?


‑ J. V. : Oui. On va renforcer des choses dans le centre historique à des points stratégiques (sic) qui n’étaient pas couverts.


‑ Le journaliste : On a vu beaucoup de polémiques naitre depuis plus de dix ans à propos des caméras de surveillance et puis ça c’est un peu tassé, comme si la vidéo surveillance était rentrée dans les mœurs. Depuis deux, trois ans le sujet est revenu sur le devant des la scène avec des experts qui expliquent que ce n’est pas aussi efficace que ça, surtout si c’est mal utilisé, mal analysé, on pourrait prendre l’exemple de Nice avec ses caméras qui n’ont pas vu les allers-retours du camion du tueur. Qu’est ce que vous allez faire avec ces caméras, est ce que vous avez les forces en présence derrière les écrans pour analyser et comprendre ces images dans le respect des individus et de la vie privée.


‑ J. V. : Bien sûr, mais c’est une évidence, on a recruté des personnes qui travaillent 24h/24 qui se relaient, le jour, la nuit pour pouvoir être présents, pour pouvoir exploiter ces images, pour voir s’il y a des choses suspectes, je pense que des caméras ne remplaceront jamais une présence humaine et des interventions physiques sur le terrain…


‑ Le journaliste : Certains experts disent que ça n’empêche pas, ça permet de retrouver parfois la personne qui commet une agression, ou une incivilité, mais ça n’empêche pas une caméra.


‑ J. V. : Bien sûr ça n’empêche pas, généralement, ça déporte. Ça n’empêche pas qu’il se passe des choses et ça permet d’avoir des éléments à postériori d des enquêtes, pour retrouver, pour élucider et les caméras sont des aides précieuses pour pouvoir nous aider à remonter un certain nombre de choses, de questionnement, il faut effectivement qu’il y ait des hommes derrière qui les exploitent qui soient aguerris à ça et puis ça ne sert pas non plus pour des questions délictuelles…


‑ Le journaliste : Vous avez aussi parlé des caméras pour le flux de circulation, c’est important, on sait que sur Grasse il y a souvent des problèmes d’embouteillages, ça va vous aider, ça ?


‑ J. V. : Absolument. Des fois on détecte un problème de circulation, un accident, un véhicule en panne, quelque chose et ça permet tout de suite de savoir d’où vient le problème qui génère la perturbation et d’envoyer les services de police, motards pour aider à décongestionner la circulation. Ça a des usages différents et utiles, c’est un outil supplémentaire pour la gestion de la cité.


‑ Le journaliste : L’installation des 56 caméras ce n’est pas forcément que pour cette année, ça va s’étaler sur l’année prochaine ?


‑ J. V. : Absolument, il y a cette volonté. On opte aussi pour des technologies nouvelles avec la Police nationale et les services de l’Etat pour pouvoir se doter de caméras mobiles qui vont permettre d’être déplacées à différents lieux, si par hasard il se passe, où il y a des difficultés, des points particuliers, des points d’augmentation de difficultés, il y en aura des caméras qui se déplaceront pour aller lutter soit de la délinquance, soit des difficultés sur certains points. Donc en plus de ces caméras, il y aura des caméras mobiles.


‑ Une dernière question du journaliste : Je vais prendre un rendez-vous, Jérôme Viaud, la prochaine fois vous venez ici, en face de moi, à France bleu azur, ici, comme ça je ne vous aurais pas au téléphone, ça sera aussi avec plaisir qu’on vous verra sur France 3 et France bleu azur. C’est promis, vous viendrez ?


‑ J. V. : Oui, ce sera avec grand plaisir.


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