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  • La Rédaction

Un peu d’Histoire : La bataille du château d’Itter (3/05/1945)



« La bataille du château d'Itter a opposé à la fin de la Seconde Guerre mondiale, d'un côté, des troupes américaines alliées à des soldats de la Wehrmacht et à des personnalités politiques françaises détenues dans cette forteresse autrichienne et qui venaient d'être libérées, de l'autre, des éléments de la Waffen-SS. En raison principalement de l'alliance improbable à laquelle elle a donné lieu, la bataille est dite « la plus étrange » de la Seconde Guerre mondiale. »


« À la fin de 1940, le château d'Itter a été officiellement loué par le gouvernement allemand auprès du propriétaire Franz Grüner puis réquisitionné à partir du 7 février 1943 par le lieutenant général SS Oswald Pohl sur ordre d'Heinrich Himmler. Le 25 avril 1943, le château est inauguré en tant que camp annexe du camp de concentration de Dachau pour y loger des prisonniers de guerre importants pour le Reich, principalement français. Parmi les prisonniers, il y avait le joueur de tennis Jean Borotra, les anciens Premiers ministres Édouard Daladier et Paul Reynaud (à la suite du procès de Riom), les anciens officiers généraux Maurice Gamelin (également suite au procès de Riom) et Maxime Weygand, Marie-Agnès Cailliau, la sœur aînée de Charles de Gaulle, le résistant François de La Rocque, ainsi que le syndicaliste Léon Jouhaux. »


« Le 3 mai 1945, Zvonimir Čučković, un membre de la résistance communiste yougoslave qui travaillait comme bricoleur à la prison, quitte le château sous prétexte de faire une course pour le commandant de la prison, Sebastian Wimmer. Čučković portait avec lui une lettre en anglais demandant l'aide des Alliés qu'il devait donner au premier Américain qu'il rencontrerait.


La ville de Wörgl s'étendait à 8 kilomètres dans les montagnes mais était toujours occupée par les troupes allemandes. Čučković s'enfonce dans la vallée de la rivière Inn en direction d'Innsbruck, distante de 64 km. Tard dans la soirée, il atteint la périphérie de la ville et rencontre un groupe d'avant-garde du 409th Infantry Regiment de la 103rd Infantry Division américaine du US VI Corps et les informe des prisonniers du château. Ils sont incapables d'autoriser un sauvetage par eux-mêmes mais promettent à Čučković une réponse de leur quartier général au matin du 4 mai.


A l'aube, un blindé de sauvetage est dépêché mais est stoppé par de gros bombardements juste après Jenbach, à mi-chemin d'Itter, puis rappelé par des supérieurs pour suivre la 36e division américaine à l'est. Seules deux jeeps de personnel auxiliaire continuent leur route pour rejoindre le château.


Après le non-retour de Čučković et la mort dans la prison de l'ancien commandant de Dachau Eduard Weiter dans des circonstances suspectes le 2 mai, Wimmer craint pour sa propre vie et abandonne son poste. Les gardes SS-Totenkopfverbände quittent le château peu de temps après, les prisonniers prenant le contrôle du château et s'armant avec les armes restantes.


N'ayant pas appris le résultat des efforts de Čučković, les responsables de la prison acceptent l'offre d'un cuisinier tchèque, Andreas Krobot, de se rendre à Wörgl le 4 mai à la mi-journée, dans l'espoir d'obtenir de l'aide. Écrivant une note similaire a celle de Čučković, ils réussissent à contacter la résistance autrichienne dans cette ville, qui a été récemment abandonnée par les forces de la Wehrmacht mais réoccupée par des troupes de la Waffen-SS. Ils sont emmenés au commandant Josef Gangl, commandant des restes d'une unité de soldats de la Wehrmacht qui a eu pour ordre de battre en retraite mais qui, à la place, a été mis à la tête de la résistance locale.


Gangl cherche à maintenir la position de son unité dans la ville pour protéger les résidents locaux contre les représailles des SS. Les loyalistes nazis tirent sur n'importe quelle fenêtre affichant un drapeau blanc ou autrichien, et exécutent sommairement des hommes considérés comme possible déserteurs.


À peu près au même moment, une unité de reconnaissance de quatre chars Sherman du 23e bataillon de chars, de la 12e division blindée du XXIe corps américain, sous le commandement du capitaine Lee, atteint Kufstein, en Autriche, à 13 km au nord. Là, sur la place de la ville, le bataillon de Lee ralentit en attendant que la 12th soit relevée par la 36th Infantry Division. Gangl demande à Lee de les aider et n'hésite pas à se porter volontaire pour mener la mission de sauvetage et obtient immédiatement la permission de son QG.


Après une reconnaissance personnelle du château avec Gangl dans le Kübelwagen du major, Lee quitte deux de ses chars mais en réquisitionne cinq de plus et a le soutien du 142e Régiment d'Infanterie ainsi que du 36e. En route, Lee est contraint de renvoyer les renforts quand un pont s'avère trop ténu pour que toute la colonne traverse une fois, et encore moins deux fois. Laissant derrière lui un de ses chars pour garder le pont, il se retire accompagné seulement de 14 soldats américains, de Gangl, et d'un chauffeur, ainsi que d'un camion transportant dix anciens artilleurs allemands. À 6 km du château, ils défont un groupe de soldats SS qui tentent d'établir un barrage routier.


Pendant ce temps, les prisonniers français ont demandé à un officier SS, Kurt-Siegfried Schrader, avec lequel ils se sont liés d'amitié à Itter pendant sa convalescence de blessures, de prendre en charge leur défense. Lors de l'arrivée de Lee au château, les prisonniers accueillent chaleureusement la force de sauvetage, mais sont déçus de sa petite taille. Lee place les hommes sous ses ordres dans des positions défensives autour du château et positionne son tank, "Besotten Jenny", à l'entrée principale.


Lee ordonne aux prisonniers français de se cacher, mais ils restent dehors et se battent aux côtés des soldats américains et de la Wehrmacht. Tout au long de la nuit, les défenseurs sont harcelés par une force de reconnaissance envoyée pour évaluer leur force et sonder la forteresse à la recherche de faiblesses. Dans la matinée du 5 mai, une force de 100-150 Waffen-SS lance une attaque. Avant le début de l'assaut principal, Gangl a pu téléphoner à Alois Mayr, le chef de la résistance autrichienne à Wörgl, et demander des renforts. Seuls deux autres soldats allemands sous son commandement et un jeune membre de la résistance autrichienne, Hans Waltl, peuvent être récupérés pour les aider, ce maigre renfort se rend rapidement au château. Le char Sherman fournit un appui-feu de mitrailleuse jusqu'à ce qu'il soit détruit par un tir allemand d'un canon de 88 mm ; il était occupé à ce moment-là uniquement par un ingénieur cherchant à réparer la radio défectueuse du char, ce dernier a réussi a quitter le char sans blessure.


Pendant ce temps, au début de l'après-midi, la demande de renfort a finalement atteint le 142e, et une force de secours est envoyée. Celle-ci arrive vers 16 h 00 et les SS sont rapidement vaincus. Une centaine de prisonniers SS est alors capturée.


Les prisonniers français sont évacués vers la France le soir même et atteignent Paris le 10 mai. »


Sources : La chaîne Histoire, Wikipedia. Lire aussi « La dernière bataille » de Stephen Harding aux Editions Broché Coups.

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