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  • La Rédaction

Ravalement de façades : Jérôme Viaud tire la couverture à lui



On en apprend encore de bonnes dans « Nice-Matin ».


Dans son édition du 5 octobre dernier, un article traitant de l’état des façades grassoises fait la « une » de l’édition de la cité des Parfums. Un titre signé du chef d’agence, Eric Farel, plante le décor : « Opération façades : Viaud hausse (vraiment) le ton ». Et avec un sous-titre martial qui va avec : « Le maire réaffirme qu’il prendra des mesures coercitives à l’encontre des copropriétés qui ne joueraient pas le jeu de procéder au ravalement de leurs immeubles dans la vieille ville. En s’appuyant sur la loi… ». Ça, c’est envoyé !


Cet article tombe bien pour le maire qui est « gangassé » au sein même de sa majorité par des conseillers municipaux récalcitrants à ses projets hasardeux. Alors, cet article qui en appelle d’autres, tombe vraiment bien ! Et ce, malgré l’entame du texte : « Ce n’est pas forcément quelque chose qui va le servir politiquement. Mais quand Jérôme Viaud a une idée en tête… » Ah bon ? D’autant plus que les élections municipales s’approchent au grand galop.


La suite de l’article est désopilante. C’est vrai, quoi, depuis quand un maire « Les Républicains » remercie-t-il un de ses opposants, Paul Euzière ? En public…


Et bien c’est ce qui arrive quand un journaliste écrit sans vérifier ses sources.


En effet, quand le maire de Grasse, Jérôme Viaud, déclare de manière ambiguë : « Dès 2015 j’ai souhaité que la ville soutienne différentes actions dans le centre historique qui est classé secteur sauvegardé. En faveur des propriétaires réalisant des travaux de ravalement de leur, immeubles, des exploitants de commerces mettant en œuvre des chantiers d’amélioration de leurs devantures, et des copropriété qui entreprendraient des travaux de restauration de portes, mascarons ou heurtoirs »…


A ne pas écrire clairement, ni à vérifier ses sources et à retranscrire in extenso les propos d’un interviewé, de préférence un homme politique, les responsabilités s’estompent et le lecteur croit que c’est l’interviewé qui a dit, qui a fait, le tout sans l’écrire… clairement ; un peu comme un message subliminal. Ou alors c’est une facilité professionnelle résultant d’un travail jadis aimé, mais devenu exécrable avec le sous-effectif et le temps passé, un burn out du stylo, quoi.


Donc, à citer le maire de cette façon : « Dès 2015 j’ai souhaité que la ville soutienne différentes actions dans le centre historique (…) », laisse à penser qu’il est à l’origine de cette volonté de rénover le centre ville, et d’y mettre bon ordre. Ce qui n’est pas le cas ! Même si dans un encadré bleu, sous l’article tête, et titré « Ce que prévoit la loi… », le lecteur peut lire : « (…) Et impose une obligation de ravalement une fois tous les dix ans. Ces dispositions sont applicables à Grasse depuis le 3 novembre 1980 (…). »


En effet, quand la décision de rénover le centre ancien a été prise, c’était en 1980. Dans le « Vivre à Grasse » de juillet de cette année, on peut lire que : « Lors du conseil municipal du 13 juin dernier, une délibération aura sans doute retenu l’attention du public. Elle évoquait les articles L.132.1 et suivants du Code de la construction et de l’urbanisme qui permettent aux communes qui figurent sur une liste dressée par décision administrative d’avoir la possibilité d’imposer le ravalement des façades en mauvais état, et qui n’ont pas fait l’objet d’un entretien depuis dix ans au moins (…) ».


C’était donc bien il y a 38 ans et Paul Euzière faisait partie du conseil municipal en tant que conseiller en charge du logement social.


Pour être plus complet, la municipalité suivante, celle d’Hervé de Fontmichel, a continué le travail en créant la place de l’Evêché, puis en rénovant toutes les façades alentour. En revanche, pour les municipalités qui ont suivi, celle de Jean-Pierre Leleux (1995-2014), dont la dernière mandature avec Jérôme Viaud au cabinet, comme directeur adjoint technique, ne nous dit pas si des façades ont été refaites spontanément par les propriétaires ou par la contrainte municipale. Et combien.


Pour les quatre ans de Jérôme Viaud à la tête de la ville Grasse, à part cet article dans « Nice-Matin » (5/10/18), et ce partage dans Facebook, le tout aux accents de Rodomont pressé, rien ne dit combien de façades ont été refaites en « s’appuyant sur la loi ».


Et pour conclure, où en sont les réfections de façades des bâtiments communaux en secteur sauvegardé depuis 2014 ?


#Grasse #Grasse06

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