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  • La Rédaction

Projet Martelly : un conseil municipal… entre amis

Mis à jour : 18 mai 2019




Lors du dernier conseil municipal (26/03/19), le projet Martelly est revenu sur le devant de la scène. Logique. Chacun à ce moment là pu s’exprimer, donner son avis, s’interroger, voire s’inquiéter.


Puis l’ordre du jour s’est poursuivi. Encore logique.


Le lendemain, dans Nice Matin parait un article dont le titre est : « Conseil : des avancées sur le projet Martelly ».


Jusque là, tout va bien. C’est après que ça se complique !


Donc, dans l’article, deuxième paragraphe, une série d’infos apparaissent. Abracadabra !

Les voici.


« (…) Pour la livraison, il faudra attendre la démolition de l’ancien garage Gambetta et du parking Martelly (17 mois), la construction de la première phase – hors bâtiment Monoprix – et l’aménagement des espaces publics (30 mois). Puis la déconstruction du bâtiment du Monoprix et la construction du nouveau magasin, l’extension de l’hôtel Oasis sur la place des Fainéants et l’aménagement des espaces public (24 mois). Soit plus de cinq ans de travaux. »

Plutôt six ans de travaux, (à un mois près).


Soixante et onze mois de travaux en centre ville après ceux de la Médiathèque. Ça va vibrer et fumer dans le quartier ! Il ne va plus y avoir de vie ! Et encore c’est un minimum, car tous les Grassois savent très bien que dans leur ville les travaux durent plus longtemps que le cycle annoncé… et coûtent toujours plus cher.


Sauf que toutes ces informations importantes qui auraient du être débattues en conseil ne l’ont pas été, pour la bonne et simple raison qu’elles n’ont pas été données à la réflexion des élus d’opposition, et de la plupart des membres de la majorité !


Et ce n’est pas tout !


Toujours dans l’article, quelques lignes plus loin, de nouvelles infos non évoquées en conseil :

« (…) 17 cellules commerciales dont 4 existantes (l’ancien bar Martelly et les locaux traversant entre la rue Goby et la place Maurel (…). »

Au fait, qui a donné ces infos à l’auteur de l’article, ou à quelqu’un d’autre du quotidien ?

Avant ou après le conseil ? Parce que pendant le conseil… rien.

Ces cachotteries, auraient-elles dérangé le maire et sa majorité ?

La crainte que de questions embarrassantes jaillissent des élus d’opposition ?

Les exercices de la démocratie et de la transparence sont parfois bien compliqués.

Le projet sera présenté le 24 avril prochain (19 heures, Théâtre de Grasse) en présence des représentants de Bouygues et de la Ville.

Un comité de pilotage devrait aussi être créé à ce sujet. En fin de procédure administrative ?

Ce comité de pilotage serait une innovation plutôt tardive depuis l’avènement de Jérôme Viaud à la tête de la Ville en 2014. Il y aura d’autres surprises ?


A ce niveau-là toutes les suppositions sont permises.


Dans un article traitant de la situation financière de la Ville, nous avions titré : « Finances : Jérôme Viaud navigue entre rêve et réalité, Nice Matin l’accompagne ».


Avec ce nouveau mélange des genres, ce n’est plus de l’accompagnement, c’est du sponsoring.


Un autre long point débattu lors de ce conseil, toujours au sujet du projet Martelly. Il éclaire encore plus le sujet et le brouillard – volontaire ou non – semé par la municipalité : quelles seraient les compensations de la Ville si elle venait à renoncer, une demande du groupe Indépendants (Myriam Lazreug et Stéphane Cassarini).


La réponse va venir de Christophe Morel (4e adjoint, chargé de l’aménagement, de la prospective urbaine, de l’urbanisme, de l’application du droit des sols, de l’habitat, du foncier, de la mobilité, des déplacements.) :

« Ce sont des conditions classiques. Il y a des conditions suspensives au profit de Bouygues et de la SPL (Pays de Grasse développement). Tout est dans la promesse de vente qui va vous être transmise. »


Qui va vous être transmise !


Superbe ! Le maire demandait au conseil de voter pour un projet sans la promesse de vente, un élément pour le moins important, sans que les élus aient pris connaissance du texte.


Plus les cachoteries citées plus haut, ça commence à faire beaucoup.

Dans de telles conditions, toute l’opposition a voté contre le projet.


Pour conclure, momentanément, une remarque de Paul Euzière de Grasse à Tous - Ensemble et Autrement au maire de Grasse, au sujet des comités de pilotage : « Comment voulez-vous qu’il n’y ait pas de recours quand on découvre par hasard le détail d’un projet ? »


C’est une excellente question.


#Grasse #Grasse06 #Grasse2020 #Grasse06130 #JeromeViaud

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