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  • La Rédaction

Pourquoi le projet de la ZAC Martelly est en l’état dangereux...



Dans notre article évoquant le catastrophique départ du Monoprix du centre historique et l’imbroglio de la ZAC Martelly qui devrait relancer le centre de Grasse, nous avons avancé la friabilité du Vallon du Rossignol comme une explication plausible à cette situation d’attente. De la Ville et de Bouygues.


A l’appui de cette hypothèse un rapport de la société « Biotec Biologie appliquée », datant de 1997.


Dans ce document de huit pages détaillées, (illustrées de photos des travaux), il y est évoqué les inquiétants mouvements de terrains, ainsi que les moyens utilisés pour stabiliser le vallon. Les riverains et la municipalité d’alors, dirigée par Hervé de Fontmichel, étaient fort inquiets de la situation. (Le rapport complet se trouve à la fin de l’article)


Depuis, l’eau a coulé dans le vallon du Rossignol… et de son affluent. Et oui, ce modeste vallon a un affluent, La Rivolte.


Tiens, au fait, quel sont les débits de ces vallons lorsqu’il pleut ? La réponse est dans le rapport.


Le Rossignol et son affluent la Rivolte ont un comportement typiquement méditerranéen. En effet, le débit moyen très faible, voire inexistant en période sèche (ils ne sont alors alimentés que par des rejets sauvages ou fuites de canalisations), leur débit respectif grossit très rapidement lors des épisodes orageux. En effet, l’étude hydrologique a montré que les « pointes » de crues étaient atteintes en moins de 2,5 heures, la surface du bassin versant étant en forte pente, de petite taille, et de surcroît très urbanisé (imperméabilisé). Les débits caractéristiques sont les suivants :


Le Rossignol varie de 5,1 m3/s à 27m3/s.

La Rivolte : de 3,1 m3/s à 12,3m3/s.


Les auteurs du rapport précisent aussi que :

Il a été vu que les désordres du Vallon du Rossignol étaient dus essentiellement à la géologie, notamment la présence de gypse. Sa dissolution par l’eau rend son comportement totalement imprévisible en créant des vides sous la surface du sol. Afin de connaître la présence ou non de cavités importantes sous la surface du site, une étude gravimétrique a été réalisée. (…)


Toujours dans le rapport :

Consciente de ces problèmes et soucieuse d'assainir cette situation, la Mairie de Grasse a fait procéder, entre 1996 et 1997, à plusieurs études particulières, notamment de diagnostic environnemental, d'hydrologie et de géotechnique (voir bibliographie sommaire). Ces études ont relevé, entre autres, que l'essentiel des contraintes du vallon du Rossignol étaient liées à la géologie, à savoir la présence de gypse en alternance avec un substrat argileux. Cette situation, dans le contexte topographique accidenté du vallon, induit à la fois des effondrements (dissolution du gypse avec l'eau), des glissements de terrain ainsi qu'une érosion accrue de la base des talus (berges) par les ruisseaux qui drainent le vallon.


Est-ce que l’étude de la ZAC Martelly a tenu compte de ces indications ?


Alors, si nous pouvons faire confiance au travail effectué par « Biotec Biologie appliquée », qu’en est-il du sous-sol, vingt-cinq ans plus tard ?


Le vallon supporterait-il les nouvelles pressions, au propre comme au figuré, du projet Martelly ?


Que se passerait-il si le garage Rolland (dont on peut penser sans exagérer qu’il sert d’assise aux constructions se trouvant au dessus) était détruit pour les besoins de la ZAC Martelly ?


Que ce passerait-il si, après les démolitions du parking Martelly et de Monoprix, les nouvelles constructions, plus importantes venaient à peser sur le vallon dont la fiabilité n’est pas son point fort ?


C’est « la » question à laquelle personne, à la mairie, n’a pour l’instant répondu précisément.


#Grasse #Grasse06


Le rapport à consulter en intégralité : cliquez ici

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