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  • La Rédaction

Pont Eiffel : l’étonnant calcul du maire de Grasse


Le pont Eiffel, tous les Grassois le connaissent.



Cet ouvrage de l’ancienne voie de chemin de fer du Sud de France (1890-1948), permet de relier le rond-point des Chasseur-Alpins, situé à l’entrée de la ville, à Magagnosc, le quartier excentré de la cité des Parfums… sans passer par le centre-ville, ce qui est appréciable. Toute la voie et ses ouvrages ont été aménagés en axe routier en 1988. L’ancien tablier du pont Eiffel a été totalement repris lors des travaux, mais rien ne dit si les deux piles du pont ont été à cet effet adaptées, consolidées.


Sauf que le temps est passé et la technologie aussi. Si le train originel à voie métrique (1 m de large), passant une douzaine de fois par jour avec un poids correspondant aux normes de l’époque, il n’en est plus de même 128 ans plus tard. Le flot de voitures, les bus et les semi-remorques sont légion, et les vibrations qui vont avec. Tout usager peut constater l’état exécrable de la route, voire dangereux par endroit.


Il y a presque deux ans, était porté à la connaissance du maire de Grasse, Jérôme Viaud, par Jean-Michel Graff, délégué du personnel des autocars Musso un sérieux problème de sécurité. Puis, Paul Euzière (Grasse à tous, ensemble et autrement, Gatea), appuya le délégué dans sa démarche sécuritaire devant l’édile.


Le lanceur d’alerte et l’élu rappelaient que le tonnage autorisé pour franchir le pont Eiffel était de 12 tonnes… Sauf que les bus scolaires et autres camions dépassent largement cette mesure de trois tonnes dans le meilleurs des cas. Mais ce n’est pas tout, il arrive que les bus croisent sur le pont des camions de… 40 tonnes.


Il y avait bien eu en 1986 un arrêté. Puis un autre lors de la rénovation de la voie, en 1988, annulant le précédent. Ce dernier arrêté du maire de l’époque, Hervé de Fontmichel, avait porté le tonnage à 12 tonnes, mais depuis, rien… pourtant la problématique des véhicules dépassant le tonnage maxi et leurs croisements sur l’ouvrage existait déjà à l’époque.


Alors, devant le problème posé, le maire de Grasse, Jérôme Viaud, a pris un arrêté, le 7 février 2017, dans lequel il reconnait que :


(…) Vu l’avis favorable de l’ingénieur en chef responsable du service Gestion du Domaine public.

Vu l’avis de monsieur le directeur général des services de la ville de Grasse.

Considérant que la voie des CP (VC40), n’est pas du tout adaptée à un usage de passage intensif de poids lourds, toute affectation confondue, ni en tonnage, ni en gabarit, de part le fait même de sa structure, son assise, son fond de forme, ses abords et accotements non stabilisés, mais aussi de part les ouvrages d’art positionnés sur son linéaire entre Magagnosc, Sainte-Anne et Saint-Jacques. De fait, elle est limitée en tonnage permettant ainsi de préserver la sécurité publique au sens général.


Considérant que l’avenue Antoine-de Saint-Exupéry, située entre le rond-point Sainte-Marthe et la piscine Harjès a une partie de son assise sur un ouvrage d’art dénommé le pont Eiffel, et limité sur cette section à 12 tonnes afin de maîtriser la desserte de deux équipements privés situé sur l’avenue Jean-XXIII (usine Payan-Bertrand) et le site ERDF.


Considérant que cet axe d’échange important est/ouest de la commune dessert deux établissements recevant du public, la piscine Harjès qui appartient à la CAPG, et l’AEC village vacances les Cèdres, il y a lieu de faciliter l’accès à ces deux sites aux bus scolaires et privés attachés aux activités des lieux pour un tonnage inférieur ou égal à 19 tonnes, à partir du rond-point Sainte-Marthe en aller et en retour.


Le débouché sur Magagnosc étant impossible au vu de l’ouvrage d’art limité en largeur et en hauteur positionné à l’intersection avec l’avenue Saint-Laurent (…).


Donc, tout en reconnaissant que l’ancienne voie des CP « n’est pas du tout adaptée au passage intensif de poids lourds », et que le pont Eiffel est limité aux véhicules ne dépassant pas 12 tonnes, le maire de Grasse a décidé de « faciliter aux bus scolaires et privés attachés aux activités des lieux » en limitant à 19 tonnes, du rond-point Sainte-Marthe au village vacances les Cèdres et jusqu’à la piscine Harjès, cette partie de l’avenue Saint-Exupéry…


Et le pont Riou-Magagnosc ou Félix-Martin (3 arches en pierres de 12m), qui se trouve après ? Quid de la chaussée qui s’affaisse par endroit de 10 centimètres, qui devient dangereuse pour tous les usagers ?...


Car les bus scolaires ne s’arrêtent pas tous à la piscine Harjès, certains vont jusqu’à l’école Antoine-Maure située cinq kilomètres plus loin. Et reviennent en ayant tourné avant le tunnel de Magagnosc, d’autres après… Et ils croisent des semi-remorques de 40 tonnes.


Le risque est toujours présent ainsi que les panneaux qui devaient changer, mais qui sont toujours en place. Comprend qui peut.


#Grasse06 #CAPG

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