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  • La Rédaction

Massacre à la tronçonneuse à Magagnosc. Des suspects identifiés.


Un drame grassois de la nature, en cinq actes, s’est joué en 2018, année maudite pour l’arbre symbole de la Méditerranée, l’olivier, sans que cela fasse les gros titres.


Les riverains ne sont pas encore revenus de ce carnage végétal.


Ce qui laisse à penser qu’à Grasse, cité millénaire de Provence, on se fout des oliviers dont la culture et son exploitation sont largement antérieures à celle des plantes à parfums. Une activité aux multiples facettes qui a largement participé à la richesse économique de la commune ; o tempora, o mores.


Premier acte : fin février 2018 une taille de régénération est réalisée sur douze magnifiques oliviers plus que centenaires, se trouvant le long de l’ancienne voie de chemins de fer du Sud, entre Saint-Laurent et La Moutonne.


Deuxième acte : début mars la neige et froid gèlent les troncs dénudés et non protégés.


Troisième acte : les arbres secs sont tronçonnés début décembre 2018 à ras, sans autre forme de procès : pour la cheminée ou des objets touristiques peut-être.... le tout sans tenir compte des rejets vigoureux qui auraient permis de créer des souquets (rejets de l’olivier qui permettent à l’arbre de ne jamais mourir de vieillesse). Il est triste de constater que cette connaissance, toute aussi millénaire que la ville de Grasse sur la reproduction de l’olivier, ne semble pas être connue des responsables municipaux grassois.


Quatrième acte : il est à préciser qu’une taille sévère, préconisée par la Chambre d'agriculture dans les années 80, se fait avec quelques précautions, mais jamais en période froide.


Cinquième acte : cette taille, puis la coupe des arbres qui ont été effectuées par les Espaces verts de la Ville, avec ou sans l’accord de l’adjoint en charge de l’agriculture ? Cet adjoint est aussi responsable des quartiers de Magagnosc, Saint-Jean et Saint-Mathieu. Il est encore en charge de la circulation et du stationnement.


Il est bien de rappeler que ce responsable municipal est descendant d’une ancienne famille d’agriculteurs locaux, et qu’il a certainement cueilli la rose de mai dans sa prime jeunesse… mais n’en a retenu que le mal au dos. Ce qui est bien dommage, surtout pour la douzaine d’oliviers éradiqués sans circonstances atténuantes par les tronçonneuses et l’indifférence municipale.


Une dernière interrogation : le Conseil d’architecture de l’urbanisme et de l’environnement (CAUE) en charge de protéger, notamment, notre paysage est-il informé de cette affaire et si oui, qu’en pense-t-il ?


Exit les oliviers, place à l’herbe folle, et encore bravo aux responsables de la Ville qui ont certainement oublié en la circonstance que sur le blason de Grasse il y a une branche olivier.


Pour les néophytes en quête de taille d’oliviers, consulter le livre du regretté Félix Ereteo, « L'Olivier », aux Editions Solar Nature.


#Grasse06 #Grasse

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