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  • La Rédaction

Martelly (3) : un urbanisme à géométrie variable… et à sens unique






Le Diable se cache souvent dans les détails, dit-on.


Le projet Martelly et ceux qui l’ont pensé, sans être comparés au Maître des Enfers, se dévoile encore mieux, dans les détails. Et pas des moindres.


Lors de la soirée du 24 avril dernier, au Théâtre de Grasse, le maire et les représentants de Bouygues immobilier ont présenté le projet de la ZAC Martelly, dans une projection montrant le futur de l’ensemble, en grande pompe.


Nos observateurs présents ont tout d’abord noté que, lorsque Le Cabinet Wilmotte a réalisé une vidéo du projet qu’il a diffusé et commenté… on voit le futur ensemble naitre du néant avec ses toits recouverts de terre cuite pour harmoniser le tout avec l’existant, ce sont des toits terrasse.


Les spectateurs ont vu l’ensemble de la zone reconstruite se dessiner sur écran. L’indication qui est apparue est que la future construction paraissait plus haute que l’existant : il y avait 4, voire 5 étages…


Difficile de juger précisément cette impression désagréable.


En effet, sur l'actuel parking Martelly la hauteur est moins élevée que sur le projet…

Mais là encore, les élus d’opposition n'ont pas été conviés au moindre comité de pilotage. Dans ces conditions, il difficiles, sans documents, sans précisions, de comparer avec le projet initial.


Et dans ce flou artistique, comment ne pas douter ?


Car tant de projets fantômes ou entamés mais non réalisés, les délais de construction dépassés et les coûts explosés, ont laissé un goût amer. En effet, si cette ZAC avait été comme la femme de César, incritiquée parce que incritiquable, les dirigeants, le maire en tête, auraient distribué à tous les Grassois (enfants compris), des documents, tous les documents relatifs au projet. Devant micros et caméras, sans oublier les appareils photos. Et sorti les trompettes de la renommée, dont il faut reconnaitre que parfois elles sont bien mal embouchées.


Voyons cela en détail.


Le cinéma multiplex.


En 2015, le projet comprenait un cinéma dont la surface était de 3 305 m2. Quatre ans plus tard, la surface est passée à 4 428 m2. Il y a 62 places supplémentaires par rapport au projet initial. Ce qui fait une surface totale plus grande de 878 m2.


Selon le rapport du cabinet conseil Commission départementale d’aménagement commercial (CDAC), se trouvant dans le rapport du Schéma de Cohésion territorial (SCoT ouest, dont le président est Jérôme Viaud), il y est fait état de 6 salles de cinéma.

Il y a aussi une « offre de restauration » prévue qui n’est plus visible dans le projet finalisé.


Mais, Nice Matin (6/5) annonçait que les cinémas allaient passer de 6 à 12 salles, sans être contredit par la municipalité… Alors que le dossier envoyé à la CDAC indique 6 salles.


Mystère(s) et boule de gomme.


La municipalité de M. Viaud et le journal Nice-Matin -qui en l’occurrence avale tout et fait tout avaler au lecteur- nous expliqueront par quel miracle on passe de 6 salles de cinémas dans le dossier officiel à 12 salles dans leur com’.


Les logements.


En 2012, il était prévu 70 appartements en locatif.

En 2013, 70 appartements en accession (ce qui compliquait les choses au plan des obligations de stationnement).


En 2015, il était prévu 102 logements en accession à la propriété, pour une surface de 5 670 m2.

En 2019, il est question de 105 logements, pour une surface de 6 490 m2.


Quatre ans plus tard, il y a 820 m2 supplémentaires. Pour 3 logements ?


En 2015, il était prévu 43 logements en location, pour une surface de 2 430 m2.

En 2019, il est question de 45 logements, pour une surface de 2 918 m2.


Quatre ans plus tard, il y a 488 m2 supplémentaires. Pour 2 logements ?


Incohérent de bout en bout !


Les espaces publics (place, voies, espaces verts, etc.).


Dans le projet 2015, il y avait 8 000 m2 de prévus.

En 2019, il est question de 5 830 m2.


Quatre ans plus tard, il y a 2 170 m2 en moins.


Ce que l’on peut constater, sans risque d’être contredit, (les chiffres cités plus haut sont tous tirés de la même source municipale), est que le bâti construit a augmenté de 2 186 m2 aux dépens de l’espace public qui lui a perdu 2 170 m2.


On voit très bien que le transfert est quasi parfait.


Ça tombe bien, si l’on peut dire. Cela fera en moins à dépenser à la Ville pour aménager les espaces publics, car c’est à elle de les créer et les entretenir…


Encore une fois, les Grassois feront les frais de ces modifications qui vont dans le sens de l’investisseur qui va bâtir plus et gagner plus. Au détriment du contribuable qui va payer plus d’emprunts (dont un de 11M€ sur 40 ans pour le nouveau parking !) et aura moins d’espace public.


Bonjour le béton !

Merci Bouygues !

Merci Jérôme Viaud !


Cela nous ramène inévitablement au slogan cher à Jérôme Viaud : « Construire Grasse ensemble ». Qu’il faut traduire ainsi : oui, mais pas avec tout le monde et en tout petit comité.


Un slogan « novlangue » qui aux vues de la situation, peut être considéré comme une belle preuve de mystère et de cynisme.


Au fil des quatre dernières mandatures, Grasse est devenue « Océania » et ses habitants des « proies ».


#Grasse #Grasse06 #JeromeViaud

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