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  • La Rédaction

Médiathèque : effondrements inquiétants et mauvais coûts sur le centre ancien



« C’est peut-être le tremblement de terre récent de Barcelonnette qui a fait effondrer les maisons ». Et pourquoi pas Santiago du Chili ?


Ces propos n’avaient pas fait les choux gras de la presse qui, avec ce silence, avait démontré son côté amical pour le premier adjoint, Philippe Westrelin et surtout le farfelu de cette saillie. De la pudeur en somme.


Le séisme (4,4 sur l’échelle de Richter) avait été ressenti jusqu’à Nice et les spécialistes du BCSF, (Bureau central de sismologie française), avait affirmé qu’il « n’avait pas fait de dégâts ».


Nous étions en novembre 2015. Ce nouveau conseil municipal n’avait pas encore deux ans, Jérôme Viaud avait remplacé Jean-Pierre Leleux et Barcelonnette était devenue un faubourg de Grasse !


Les travaux de la Médiathèque du Rouachier qui faisait vibrer, et font encore vibrer, le centre ancien, n’étaient pas la source des effondrements, selon la municipalité.

Ce déni de réalité se comprend très bien.


La Médiathèque doit, contre vent et marée, voir le jour pour tenter d’expliquer où est passé, en partie, l’endettement de la ville de Grasse et sonner les trompettes de la réussite… à moins que tout soit remis en cause ?


Un détail troublant vient alimenter cette possibilité : les crédits affectés à la Médiathèque n’ont pas été consommés en totalité ! Ces crédits non utilisés représentent 798 000€. Ils ont été transférés sur de nouvelles programmations en investissement pour 2018…


Ces 798 000€ sont certainement tous les travaux que nous voyons apparaitre, ici et là, dans la commune, à un an des élections municipales. Cela pose donc la question de l’avancement des travaux de la Médiathèque qui, quand même, a représenté à elle seule la moitié du total des investissements prévus au budget primitif 2018… au détriment de l’entretien collectif.


Pour être plus précis, le coût de la Médiathèque en est à 27M€ et des aménagements qu’elle induit dans le secteur, alors qu’il était question à ses débuts de 11,7M€ !


Les Grassois apprécieront à sa juste valeur toute la sophistication de la pensée des décideurs de la Médiathèque qui ont monté le projet ; et qui n’ont toujours pas annoncé de combien allait être précisément le budget de fonctionnement… qui devrait avoisiner les 1,5M€ ? Ces informations sont aussi, au sens figuré, des effondrements.




Revenons trois ans et demi plus tôt.


En 2015, des immeubles de la rue Droite s’étaient effondrés, sans heureusement faire de victime. Une partie d’entre eux a depuis été réhabilité.


Puis, stupeur et tremblements, sans que quiconque n’en soit informé, ni au conseil municipal ni les médias, et encore moins les Grassois, les travaux de reconstruction qui se poursuivaient aux 47/49 de la rue Droite étaient arrêtés le 15 octobre 2018 !

En effet, le 1, rue de La Lauve (1) qui est voisin de l’édifice en reconstruction et propriété de la Ville, menace carrément de s’effondrer à son tour. Des lézardes existantes dans le bâti se sont élargies !


Y aurait-il a eu un récent séisme à Barcelonnette ?


Dernièrement, le maire de Grasse a répondu au courrier de Paul Euzière (Grasse à tous ensemble et autrement), du 25 janvier 2019.


L’élu d’opposition s’inquiétait du danger de la situation et du coût supplémentaire qu’allaient engendrer ces nouveaux travaux.


Ce à quoi le maire répondait :


"1 Je vous confirme l’interruption momentanée des travaux de reconstruction des immeubles 47 et 49, rue Droite.

2. Les travaux de reconstruction devraient pouvoir (sic) redémarrer au mois de mai prochain.

3. Les conséquences financières de cette interruption sont de deux ordres : des frais d’immobilisation (en cours d’évaluation et de négociation) et des frais de sécurisation des immeubles arrière évalués à 279 999,93€ HT. J’ajoute que ces frais sont d’ores et déjà inclus dans le montant du préjudice du sinistre déclaré auprès du Tribunal Administratif."


Il faut encore rappeler que la Ville de Grasse a contesté devant les tribunaux (2) sa part de responsabilité dans les effondrements qui se succèdent depuis plus de trois ans, (5,7M€).


Par trois fois les tribunaux ont rejeté les requêtes de la ville.

- Au Tribunal administratif de Nice, le 6 juin 2017.

- Devant la Cour administrative d'appel de Marseille, le 12 janvier 2018.

- Et pour finir devant le Conseil d'Etat.


C’est bien le budget communal qui va devoir supporter une part des coûts liés aux effondrements, auxquels il faudra rajouter les 279 999,93€ HT. Bingo ?


Ce qui fait penser aux Grassois les plus septiques, mais pas les plus dénués de bon sens, que les futurs travaux de la ZAC Martelly qui ne vont pas se passer à Barcelonnette, mais à quelques dizaines de mètres de la Médiathèque, vont eux aussi influencer et peser sur le bâti ancien qui n’en demande pas tant.


La Médiathèque du Rouachier voulue à tout prix par Jean-Pierre Leleux et poursuivie par Jérôme Viaud, entre effondrement et dépassements budgétaires, fait penser à ces navires qui, le jour de leur lancement, provoquent un drame et à qui on prédit un avenir maudit.


(1) Pour le 1, rue de la Lauve, le maire, Jérôme Viaud, affirme en Conseil municipal que c'est le même sinistre que le 47/49 et que ce sera pris en charge dans le cadre de l'effondrement de la rue Droite. Sauf qu'il faudra le démontrer, expertises à l'appui, aux avocats des assurances. Ce qui semble indémontrable.


(2) Les 5,7 millions de surcoût ne vont pas être imputés en totalité à la Ville. Le Tribunal administratif avait proposé 6% pour la Ville, pourcentage rejeté par la Ville (qui le trouvait excessif) et par les entreprises (qui le trouvaient insuffisant). Un contentieux à n'en plus finir.


#Grasse #Grasse06 #JeromeViaud




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