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  • La Rédaction

Les risques géologiques à Grasse : La Zac Martelly construite sur une faille géologique?



Cette semaine a été diffusé sur France 5 un reportage de 52 min dans la série "Sale temps pour la planète" sur les risques géologiques dans les Alpes Maritimes et sur l’inconscience des édiles locaux qui continuent à délivrer des permis de construire dans des zones à risques. On notera que


"Sale temps pour la planète", visible en cliquant ici jusqu'au 30 Aout.


On y voit, entre autres, Jean-Valery Desens, l’opposant le plus actif contre le clan Leroy qui règne sans partage sur Mandelieu. Mandelieu durement touché en 2015 par les inondations, pour 2 raisons :


- Urbanisation galopante, qui ne permet plus à l’eau de circuler librement et tend à augmenter sa puissance en aval, suivant le principe de la physique. Cela ne vous rappelle rien ?

- Le manque d’entretien des rivières qui se transforment en tsunami dès que les barrages, créés par ce manque d’entretien, cèdent.


C’est aussi une des raisons qui ont provoqué plusieurs morts à Biot.


Mais revenons à Grasse. Thomas Lebourg (photo ci-contre), Grassois, est un chercheur en géologie à l’université de Sophia Antipolis. Dans ce reportage, il est interviewé sur la géologie particulière de l’ouest du département, et entre autres de Grasse.





Il emmène l’équipe de tournage sur le canal du Foulon au-dessus de St Christophe où se situe la faille la plus active. On y voit effectivement des affaissements et des crevasses importantes, profondes de plusieurs dizaines de mètres qui sont apparus récemment.


A certains endroits, les supports du canal se sont déplacés d’un mètre par rapport au canal. C’est dire si le risque de voir l’approvisionnement en eau de Grasse menacé en cas d’effondrement d’une partie de la montagne. D’ailleurs Thomas Lebourg avait alerté dès 2008 la municipalité Leleux et averti plusieurs élus, dont Paul Euzière, avec qui il a visité l’ouvrage et souligné ses points les plus faibles. 


Les élus Grasse à Tous Ensemble et Autrement sont régulièrement intervenus sur ce dossier en pointant la manque d’entretien du canal du Foulon, les fuites massives d'eau, les rafistolages, malgré des sommes conséquentes versées  au titulaire de la DSP.

Nous avons d'ailleurs aussi écrit dans ce sens (voir ici)


Grasse étant bâtie sur un montagne de limon /marnes argileuses / et de gypse (soluble dans l’eau), et non sur un rocher comme à St Paul de Vence ou à Monaco, les risques de mouvements de terrain sont nombreux et toute l'histoire récente de la ville en porte de multiples témoignages qui ont coûté cher aux finances communales comme à la Région. (voir le déménagement obligé du LEP de Croisset).


Il n’y a pas besoin de faire de coûteuses études pour s’en rendre compte. Il suffit de compter le nombre d’effondrements de restanques ou glissements de terrains,  à chaque épisode pluvieux important. Nous avions écrit à ce sujet ici.


Alors pourquoi la zone de Zac Martelly serait différente ?


Aujourd’hui, seulement 26 forages ont été effectué à 25 mètres de profondeur maximum.


Ils ont confirmé qu’aucune zone HOMOGENE n’a été identifiée pour bâtir de façon classique. Cependant, J Viaud et ses amis s’entêtent à continuer ce projet alors que :


- Le nombre de forage est trop faible pour définir une étude structurelle pertinente


- 5000 t de béton ont été déversé pour la médiathèque, provoquant l’effondrement de 2 immeubles et provoquant des fissures béantes dans d’autres bâtiments aux alentours


- Un tiers des questions des Grassois concernait la friabilité des sols lors du grand raoult au Théatre de Grasse


- Une partie de Zac est située sur le Vallon du Rossignol qui reçoit les eaux de pluie du plateau Roquevignon et de tout le versant Est de la Ville, vallon soumis à de forts risques (voir notre article ici)


- TOUS les risques seront pris par la Mairie, donc par les Grassois, qui sera en charge de la démolition et du confortement. Techniquement, des inclusions et des murs à la berlinoise seront obligatoire pour tenir le haut de la ZAC (Avenue Thiers, Hôtel des Parfums), ce qui est le plus onéreux dans les techniques de confortement disponibles et applicables au cas de ce projet.


- Si ce projet voyait le jour, et réussissait sans incident, quid de l’eau qui dévale depuis Roquevignon ? Comme c’est expliqué dans le reportage, le manque d’espace pour les eaux de ruissellement augmente la pression et l’érosion


- Si pendant le temps de démolition et confortement, des mouvements de terrains sont signalés et provoquent des dégâts. Qui va payer ? J Viaud ? ….non c’est vous, c'est nous, par vos cotisations d’assurances et vos impôts. D’ailleurs qui va accepter d’assurer un tel chantier ? Pour J Viaud c'est tout bénéfice. Il fait prendre des risques à tout le monde avec votre argent.


Comme vous pouvez le constater, ce projet est loin d’être anodin sur le plan géologique, et la plus grande prudence devrait être la principale préoccupation de la municipalité.


Des études poussées et un budget sincère seraient ainsi proposés en gage d’une gestion de projet avisée et en bon père de famille. Jouer les apprentis sorciers quelqu'en soient les raisons avouables ou non, c’est jouer avec l’avenir d’une ville, son patrimoine et celui de ses habitants.


#Grasse #Grasse06 #JeromeViaud



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