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  • La Rédaction

Incendie de la casse Démoliauto :le maire connaissait les risques !



Comme chacun sait la casse Démoliauto au Plan de Grasse a pris feu dans la nuit du 3 au 4 avril dernier, sans faire de blessé. La foudre serait à l’origine de l’incendie.


Au-delà de ce fait divers, la position de la casse auto pose un sérieux problème de sécurité, de pollution, le vacarme en plus, le tout au grand dam des riverains, ignorés par le maire.


Conscient de la situation très problématique, Paul Euzière (Grasse à tous - Ensemble et autrement) a interpelé le maire, Jérôme Viaud dans un courrier, le 8 avril :

« Même s'il semble que la cause en soit la foudre, il reste que la dimension de l'incendie et la nature des matériels entreposés brûlés posent des questions de sécurité pour tout le voisinage auxquelles les autorités, en premier lieu le Maire, doivent répondre clairement. »

Puis, rien de la part du maire. Pas de réponse.


C’est dans le Nice Matin du samedi 13 avril que la réponse est venue.

Neuf jours après les faits.


Un article où le maire s’exprime, en étant sûr de ne pas être contredit, sans que le courrier de l’opposant, qui a le mérite d’évoquer plus sérieusement la situation, ne soit plus profondément abordé.


Dans l’article du quotidien, une simple phrase traduit la crainte des riverains « sur la dégradations de leur environnement depuis des mois. »

Une riveraine s’inquiétait de la qualité de l’eau, le maire lui répond que « l’eau est de qualité irréprochable au robinet. »


Plus loin, on apprend qu’une réunion publique se tiendra les 18 avril, à 18h45, soit quatorze jours après les faits. Et que le maire va faire contrôler l’eau du Grand Vallon par la DREAL.


Au fait, à quand remonte le dernier contrôle ?


Pour conclure, on apprend que le propriétaire de la casse va faire installer un paratonnerre, ce qui veut dire que les activités vont reprendre ?

Service minimum. Le courrier de l’élu d’opposition est donc passé à la trappe. Ce courrier était pourtant à disposition.

Il est vrai que dans cette lettre, des éléments très intéressants s’y trouvent et démontrent que la zone était potentiellement à risques et que le maire, Jérôme Viaud était informé de la situation depuis 2016. Gênant… Mais, chut.


On peut y apprendre que « A plusieurs reprises, les Planois résidant dans le voisinage de cette casse vous ont alerté au sujet de la dégradation de leur environnement, de la circulation de camions de 40 tonnes à une vitesse excessive, des dégâts subis par la voirie et des questions de sécurité que posent, pour eux et pour les habitants, l'activité de cette casse. » Re-chut !


Ou : « Deux réunions ont eu lieu avec l'adjoint du Plan, les mardi 5 janvier et jeudi 25 février 2016 où ces problèmes ont été soulevés sans que des mesures appropriées n'aient été prises, ni le chemin du Vieux Pont remis en état depuis trois ans. » Encore chut.


Mais encore : « Saisie par le syndic de la copropriété " Les Villas de Camperousse", l'adjointe déléguée à l'Hygiène et à la Santé note dans un courrier du 20 novembre 2018 que la casse DEMOLIAUTO "étant classée pour la protection de l'environnement en tant qu'installation de stockage, démontage et dépollution de véhicules hors d'usage" le signalement de la copropriété a été transmis à la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL) à Nice "seule administration habilitée à inspecter cet établissement. » Toujours chut !


« Depuis plus de cinq mois, aucune suite n'a été donnée à ce signalement et, apparemment, la municipalité n'a pas relancé la DREAL (…). » Chut final ?

Des fois l’information est simple. De l’entre-soi.

Et, cerise sur le gâteau, si le maire et l’auteur de l’article ont eu connaissance du courrier de Paul Euzière, l’élu n’a pas reçu de réponse du maire. Il faut bien comprendre que les questions posées sont dérangeantes. CQFD.


Pourtant, dans son courrier du 8 avril Paul Euzière demandait au maire : « 1/ de recevoir au plus tôt les représentants de la copropriété "Les villas de Camperousse" ainsi que leur syndic, afin que soient prises sans délais toutes les mesures en matière de voirie et de sécurité qu'ils réclament depuis des années,

2/ d'exiger de la DREAL une réponse et des contrôles immédiats. »


Il aura fallu dix jours au maire pour réagir et provoquer une réunion avec les copropriétaires riverains (qui se tiendra près de quinze jours après l’incendie), et demander une intervention de la DREAL. Enfin !

Il n’empêche que si la connaissance totale des faits n’est pas rappelée, - comme elle aurait du l’être -, c’est dommageable, mais ce n’est pas une fin en soit. Elles ne seront pas étouffées.


Force est de constater qu’il a fallu un incendie et un courrier pour que le maire réagisse aux sérieux problèmes que les riverains de la casse subissent.


Voici l’intégralité du courrier.

Monsieur le Maire,

Jeudi matin 4 avril 2019, vers 2h30 un incendie avec explosions diverses s'est déclenché dans la casse automobile DEMOLIAUTO au Plan de Grasse.


Pour des causes qui restent à déterminer, des dizaines de voitures ont pris feu entraînant des explosions en série notamment de bombonnes de gaz et l'intervention de 70 pompiers qui ont dû affronter un mur de flammes de plus de 6 mètres de hauteur.

Heureusement, aucun pompier ou riverain n'a été victime de cet incendie.


A plusieurs reprises, les Planois résidant dans le voisinage de cette casse vous ont alerté au sujet de la dégradation de leur environnement, de la circulation de camions de 40 tonnes à une vitesse excessive, des dégâts subis par la voirie et des questions de sécurité que posent, pour eux et pour les habitants, l'activité de cette casse.


Deux réunions ont eu lieu avec l'adjoint du Plan, les mardi 5 janvier et jeudi 25 février 2016 où ces problèmes ont été soulevés sans que des mesures appropriées n'aient été prises, ni le chemin du Vieux Pont remis en état depuis trois ans.


Saisie par le syndic de la copropriété " Les Villas de Camperousse", l'adjointe déléguée à l'Hygiène et à la Santé note dans un courrier du 20 novembre 2018 que la casse DEMOLIAUTO "étant classée pour la protection de l'environnement en tant qu'installation de stockage, démontage et dépollution de véhicules hors d'usage" le signalement de la copropriété a été transmis à la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL) à Nice "seule administration habilitée à inspecter cet établissement".

Depuis plus de cinq mois, aucune suite n'a été donnée à ce signalement et, apparemment, la municipalité n'a pas relancé la DREAL.


De même, bien que cela ait été demandé depuis plusieurs mois, les voisins de cette casse automobile n'ont pas reçu de réponse à leur demande de rencontre avec le maire de Grasse.

On comprend parfaitement que cette situation -dont la dangerosité est maintenant évidente- excède les voisins.


Si l'on ne saurait mettre en cause le principe des activités économiques, on ne peut en aucun cas ignorer les règles d'hygiène et de sécurité publique.

L'imbrication d'activités d'installations classées dans des zones pavillonnaires exige une vigilance accrue et des réponses rapides.


Nous vous demandons :


1/ de recevoir au plus tôt les représentants de la copropriété "Les villas de Camperousse" ainsi que leur syndic, afin que soient prises sans délais toutes les mesures en matière de voirie et de sécurité qu'ils réclament depuis des années,


2/ d'exiger de la DREAL une réponse et des contrôles immédiats.

Dans l’attente, recevez, Monsieur le Maire."


#Grasse #Grasse06 #JeromeViaud

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