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  • La Rédaction

Incendie Démoliauto du Plan : des parents d’élèves inquiets ont interpellé le Maire



Après l’impressionnant incendie qui a ravagé la casse Démoliauto du Plan (le 4 avril dernier), s’est tenue une réunion à l’école primaire Henri-Wallon, le mercredi 15 mai, à 18 heures.


Cette réunion a été provoquée grâce à une lettre des associations de parents d'élèves inquiets (maternelles et primaires Henri-Wallon), qu’elles avaient envoyée au Maire, Jérôme Viaud, le 5 avril précédent.


Dans le courrier (à lire entièrement en fin d’article), les parents d’élèves ne comprenaient pas que personne ni à la mairie ni à la police ni des pompiers, n'étaient présents devant les écoles lors de l'incendie.


Tout d'abord l’intervention du capitaine des pompiers :

« Nous avons été avertis environ à 2h50 qu’il y avait un feu et des explosions. Nous avons déployé 6 lances et beaucoup de pompiers ... des milliers de litres de produit spécifique anti-incendie. »


Les parents interviennent en disant qu'ils ne reprochaient rien dans la gestion du sinistre, mais sur le manque d'information : aucune n'a été donnée à la directrice avant l'ouverture de l'école.


La directrice confirme bien que des parents l'ont appelé dès 6 heures, mais elle ne savait pas ce qu'il se passait (elle n'habite pas sur place) et n'avait pas d'information.

Puis Madame Henri de la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL), explique que chaque site est classé selon certains risques et que la casse Démoliauto n'a pas de risque « toxique » et que donc, il n'y avait rien de toxique durant son incendie dans la nuit du 2 au 3 avril dernier.


Les parents répondent alors que des enfants et des parents ont eu des maux de tête et des nausées. Ils ont plusieurs témoignages en ce sens.

Le chef de la police intervient et dit qu'ils n'ont pas eu de signalement en ce sens de l'hôpital.


Les parents répondent qu'ils n'emmènent pas leurs enfants à l'hôpital pour des maux de tête.


M. Augustin Lucile (service vie scolaire de la mairie) répond qu'un système d'alerte par SMS a été mis en place depuis un peu plus d'un an et que s'il y avait eu un réel problème, les parents auraient été avertis par ce moyen.


Les parents répondent qu'il serait bien que dans pareils circonstances ils puissent être également informés qu'il n'y a pas de risque.

M. Viaud explique que ces RetEx (retour d'expérience) permettaient justement d'améliorer les choses.


La municipalité affirme que des mesures de la pollution de l'air ont été faites par les pompiers et qu'elles n'ont révélé aucun danger.

Un-e parent s'étonne de cela car il-elle a appelé les pompiers durant l'incendie pour poser la question et que les pompiers lui ont répondu qu'ils s'occupaient d'éteindre l'incendie.


Madame Henri, de la DREAL, certifie que les pompiers ont le matériel pour effectuer les mesures nécessaires (pas qu'ils l'ont utilisé (sic). D’ailleurs, en aparté, à la fin de la réunion, le pompier présent dit à un parent qu'ils n'ont pas de matériel pour effectuer des mesures en extérieur...


À de nombreuses reprises il est répété par la municipalité qu'il n'y avait rien de toxique (1) jusqu'à ce qu'un parent leur fasse remarquer que la DREAL avait peut-être une définition précise de la toxicité, mais que même si sur leur papier il était écrit « non toxique », « Il n'en demeure pas moins qu'un nuage de fumée issu de la combustion d'hydrocarbures et plastiques en tous genres était forcément nocif. »


Ce à quoi Mme Henri (DREAL) a reconnu que les fumée étaient nocives (2), mais que les conséquences ne sont pas les mêmes que dans le cas de nuage toxique (sic).

Une autre question importante se pose : est ce que les « milliers de litres de produit spécifique anti-incendie », sont-ils dangereux pour l’environnement, ou non ?

Monsieur le maire a tenu à revenir sur des termes utilisés dans la lettre des parents, disant que « le quartier du Plan était dénigré. » Il a refusé qu'on puisse utiliser de tels termes et précise « qu'aucun quartier de Grasse n'est dénigré, qu'il est le maire de tous les Grassois. »


Pour conclure la réunion, M. Viaud dit : « Nous sommes donc d'accord pour dire qu'il n'y a eu aucun problème sur la gestion du sinistre, mais que la prochaine fois, et j'espère qu'il n'y aura pas de prochaine fois, il faudra améliorer la communication, en prévenant les directeur-rices, les parents plus tôt et plaçant éventuellement des personnels (de mairie, de police ou des pompiers) à l'entrée des écoles. »


Chacun-e, appréciera à sa manière cette intervention finale.


(1) Toxique : produit d'origine animale, végétale ou minérale qui provoque l'intoxication, la destruction d'un organisme vivant.


(2) Nocif : qui est nuisible à la santé. Synonyme : dangereux, toxique.



#Grasse #Grasse06 #JeromeViaud


La lettre des parents d’élèves qui a généré la réunion du 15 avril.


Représentants des parents d’élèves

Groupe scolaire Henri-Wallon

Route de la Paoute

06130 Le Plan de Grasse

Monsieur le Maire de Grasse

Mairie de Grasse

Place du Petit-Puy

06130 Grasse

                                                                                                   Le Plan de Grasse, le 5 avril 2019



Monsieur le Maire,


Nous nous permettons de vous adresser ce courrier en tant que représentants des parents d’élèves élus des écoles, maternelle et primaire, Henri Wallon du Plan de Grasse. Nous souhaitons attirer votre attention sur le traitement collatéral de l’incendie du jeudi 4 avril - à partir de 2h30 - à la casse automobile Demiolauto, située juste en face de ces écoles.


A notre grand étonnement, les écoles sont restées ouvertes, et surtout, il n’y a eu aucun ordre officiel de confinement des élèves (voire de fermeture des écoles) émanant des autorités préfectorales, académiques et/ou municipales suite à cet incendie et par rapport aux émanations de fumées toxiques provoquées par ce dernier. L’air était irrespirable (fumées noires) à l’heure de l’ouverture des écoles à 7h30 (pour la garderie) et 8h30 (pour l’accueil du temps scolaire). Les fumées inhalées ont provoqué de forts maux de tête, irritations des yeux et de la gorge, toux, et crises d’asthme chez certains enfants. Les professionnels des écoles (Atsem, agents municipaux des cantines et d’entretiens des locaux, enseignants) et les parents ont été étonnés qu’il n’y ait eu aucune prévention. Les professionnels des écoles sont restés, pour certains longtemps, à l’extérieur et exposés à l’émanation des fumées. Ni policiers municipaux, ni pompiers, ne sont venus à la rencontre des directrices d’établissement afin de les informer des risques représentés par les fumées. Les directrices ont confinés les enfants à l’intérieur des bâtiments scolaires, sur conseil de leur hiérarchie. Nous les en remercions !

Nous nous interrogeons sur le peu de cas qu’ont fait les autorités de la santé de nos enfants et des professionnels qui les encadrent. Pourquoi ces autorités n’ont-elles pas pris de décision de protection ?


Les fumées ne se sont dissipées qu’en milieu d’après-midi et les pompiers n’ont quitté les lieux de l’incendie qu’à 17 heures. Pourquoi n’y a-t-il eu aucune présence des autorités (pas même l’adjoint de quartier ou un agent de police) alors que cet incendie de plastiques et de pneus a provoqué des fumées hautement toxiques dans le quartier ? Pendant longtemps dans l’histoire de la ville de Grasse, Le Plan a été un village autonome et dénigré par le centre-ville. En est-il toujours ainsi ? C’est en tous cas ce que laisse à penser le manque de considération qui a été apporté à ces écoles, aux habitants et surtout à nos enfants.


Nous nous interrogeons donc, vous l’avez compris, sur la manière dont cet événement a été traité et sur le manque de réactivité des autorités en manière de prévention de la santé de nos enfants. Les parents étaient très en colère de n’avoir aucun renseignement et de voir que personne n’avait de réponse à leur apporter à propos des risques (ou non) encourus.


Dans l’espoir d’avoir retenu votre attention sur ce sujet et que la situation ne se renouvelle pas s’il devait malheureusement y avoir un autre incident de ce type dans le futur, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Maire, nos sentiments distingués.

Les représentants des parents d’élèves


Groupe scolaire Henri-Wallon du Plan de Grasse

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