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  • La Rédaction

Grasse endettée à 128%, et aucun équipement nouveau depuis 1995....ou presque

Mis à jour : 3 juil 2018

Lors du dernier conseil municipal (26/06/2018), la politique de la gestion dette de la ville était notamment au menu, elle a suscité un débat intéressant.

Plusieurs élus ont pris le micro dont Philippe-Emmanuel de Fontmichel (l'Alternative) et Jean-Marc Degioanni (Rassemblement National). Le premier, exhortant Jérôme Viaud de ne pas renégocier les crédits à risque afin d'éviter que les grassois ne soient "cocus deux fois compte tenu de la baisse annoncée des taux d'intérêts "(sic), le second félicitant le Maire pour sa gestion avisée.

Une nouvelle fois, l'intervention précise et documentée de Magali Conesa Mozin de « Grasse à tous, Ensemble et Autrement » a permis d'y voir plus clair dans cette bataille de chiffres et de ratios.

L’élue déclarait que : « Au 31/12/2017, l'encours de dette de la Ville de Grasse est de 87,17 M€ (si l’on déduit le Fond de soutien), ce qui correspond à 128 % du budget de fonctionnement (…). Depuis 2014, la Capacité d'Autofinancement Brute est insuffisante pour rembourser l'annuité de la dette (…). La ville a eu un recours massif aux emprunts dès 2010 (…). En 2014, les emprunts correspondaient à 90,7 % du financement des dépenses d’équipement. " En d'autres termes moins techniques, la Ville de Grasse ne dégage pas suffisamment de trésorerie pour pouvoir financer ses investissements. Quasiment 100% du montant des équipements sont financés par des crédits, donc de la dette.

Elle poursuit : "Alors que les intérêts de la dette ont diminué entre 2014 et 2017, le remboursement en capital de la dette a augmenté (…). C’est une fuite en avant dangereuse ! (...) 20,9% de notre dette locale correspondent encore à des emprunts hors charte ou à taux complexes. La capacité de désendettement de la collectivité au 31/12/2017 est de 16,4 ans. Au delà d'une limite de 12 ans, une collectivité est jugée en surendettement. La Ville de Grasse est en surendettement depuis 2009 (…). " D'après le groupe "Grasse à tous Ensemble et Autrement", la stratégie de renégociation de Jérôme Viaud a eu pour conséquence de diminuer à court terme le montant des intérêts, mais en a augmenté le coût (coûts des renégociations, durées allongées....etc..) alors que 20% de des emprunts de la Ville sont encore jugés à risques.

Concernant les investissements et les équipements de la Ville, voici son analyse : "On ne peut s'empêcher de juger cette dette doublement élevée au regard du peu d'équipements publics dont la Ville a bénéficié depuis 2009. La Ville de Grasse manque d’équipements publics, en effet, les dépenses d’équipement sont à Grasse de 155 € par habitant contre 292 € par habitant des villes de même strate. " Par cette démonstration, elle rappelle cruellement la conséquence de cet endettement chronique, c'est à dire le manque évident d'équipements communaux et le sous-entretien des équipements existants.

Répondant sur les cessions d’actifs à venir pour financer la dette et des avertissements de Magali Conesa sur ce mode de gestion peu pérenne, Jérôme Viaud assure que les cessions sont essentiellement consacrées au désendettement. Mécaniquement la Ville s’appauvrit, en vendant son patrimoine, pour financer des frais financiers.


Jean -François Laporte (DLF - Majorité Municipale) quant à lui, rappelant "qu'on ne pouvait céder des actifs pour des frais de fonctionnement, mais uniquement pour financer de l'investissement", repris au vol par Paul Euzière lui rappelant que dans la dette, il y a 2 parties, les frais financiers (fonctionnement) et l’annuité (investissement). Ce dernier rafraichissant aussi la mémoire de l’assistance sur la mise en garde de la Cour des Comptes dans son dernier rapport sur la Ville de Grasse et mettant en balance les dernières cessions, les derniers emprunts (5 millions) et le manque d'investissement évident depuis 1995. La vente des actifs de la Ville sans consacrer ce produit à l’investissement c’est à moyen terme se retrouver sans ressources pour l’avenir.

Et Magali Conesa d’enfoncer le clou : "C'est une fuite en avant dangereuse en ce qui concerne la cession de nos actifs, car il s'agit d'une ressource très importante pour financer nos investissements futurs, sans garantie. Sans la cession d'actifs inscrite dans les 3 budgets à venir 2018-2019-2020, le budget ne sera pas bouclé et notre patrimoine vendu ! On ne soit pas avoir recours à la cession d'actif comme mode de gestion pérenne » C’est pourtant ce que semble faire Jérôme Viaud, pressé de boucler son budget, vend le patrimoine à prix cassé (cf Villa Iacomi).

Une spirale négative sans fin à laquelle la majorité municipale semble bien incapable de faire face. Sans doute un aveu d'impuissance tant le sujet n'est peu ou pas abordé de façon sérieuse et documenté sur les différents supports de communication locaux.

C'est pourtant le préalable de toute politique de gestion de la dette, à moins que l'on préfère cacher les sujets qui fâchent loin des yeux et des oreilles des Grassois afin qu'ils ne s'interrogent sur cet autre ratio : " comment fait-on pour payer autant d'impôts pour aussi peu de prestations?"

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