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Election municipale 2020 : Jérôme Viaud encore sous l’étiquette Les Républicains ?




Si, au lieu de se présenter aux élections municipales de 2014, Jérôme Viaud avait participé à la Transatlantique autour du monde, il l’aurait emportée, tant son aptitude à prendre les vents est incontestable. Mais non, il a préféré rester au pays.


La question qui est maintenant posée est : lors des élections municipales de 2020, y aura-t-il un candidat Les Républicains à la mairie de Grasse, ou un homme sandwich politique ?


J. Viaud se représentera-t-il sous l’étiquette du parti qui l’a fait élire et à qui il doit sa seule carrière ?


Rien n’est moins sûr, au vu des nombreux ralliements que le premier magistrat de la cité des parfums a épuisé depuis quelques années.


Analyse


Il faut rappeler que dès le départ de sa carrière politique, Jérôme Viaud a soutenu la droite de la droite, avec la facilité déconcertante du suiviste novice qui croit au miracle :

Il a tout d’abord été « sarkozyste » quand Nicolas Sarkozy a été aux affaires.

Puis il a été « filloniste » quand François Fillon a été aux affaires.

Ensuite il a été « wauquieriste » quand Laurent Wauquiez a été aux affaires.


…Tout en étant un fidèle d’Eric Ciotti qui est encore aux affaires dans les Alpes-Maritimes.




Ouf !


Il est vrai que, quand on soutient François Fillon, pour être crédible, il vaut mieux avoir plusieurs costards.


Mais toutes ces tentatives d’amarrages de circonstances ayant montré leurs limites et les résultats que l’on sait, vers où le maire va-t-il chercher un soutien efficace pour tenter de conserver son poste et continuer à faire sombrer la ville ?

Les martiens ?


Ce n’est pas tout. Suite aux derniers résultats des Elections Européennes à Grasse, les conseillers de l’édile grassois lui auraient suggéré de ne pas se présenter sous l’étiquette LR… ou, au mieux, de ne pas arborer le logo afin de « ratisser le plus large possible ».


Ce qui démonterait d’une certaine présence d’esprit dans les têtes pensantes de la municipalité qui ont conscience du bilan peu reluisant du maire et de son équipe. En à peine cinq ans.


On constate depuis cinq ans une très forte érosion du vote LR qui profite en partie au RN, mais surtout à LaRem.





Les prises de position très à droite de la droite de Laurent Wauquiez et d’Eric Ciotti, ont détourné les voix du centre droit vers LaRem.


Coucou LaRem…


Les appels du pied de Jérôme Viaud à LaRem se font discrètement mais sûrement.


Là, une tentative de rencontre avec le responsable départemental Enis Sliti, ici une démarche « éco-responsable » sponsorisée par le député Loïc Dombreval (LaRem), lui-même en recherche d’ancrage sur Grasse où il est quasiment inexistant depuis son élection, ou encore quelques mots bienveillants à l’endroit des responsables locaux… qui ne sont pas dupes.


On se doute que les portes ne seront pas grandes ouvertes (voir plus bas), et que les militants les plus à droite des LR pourraient ne pas goûter cette potentielle trahison de Jérôme Viaud.


Au mieux espère-t-il une candidature sans investiture LaRem, scénario qui semble le plus crédible actuellement. Mais cela ne signifie pas que les militants LaRem locaux (plus d’une centaine dans le comité grassois) ne s’engageront pas derrière un candidat. Réponse d’ici quelques semaines…


Coucou les Verts…


La démarche « éco-responsable » est aussi une posture dérisoire, car il n’a pas échappé à J. Viaud, la poussée forte et les attentes des citoyens pour un environnement plus sain et une nature respectée.


Il a accosté son année sous le thème « La Nature sublimée ».


Et hop !, un petit tour du côté de la marche pour le climat, avec Loïc Dombreval (tiens, encore lui), ou encore à l’affiche dans un petit film en train de superviser l’empotage d’un olivier, ou de biner un jardin partagé. Du « greenwashing* » pour faire oublier aux Grassois les tonnes de béton qui serviront à construire Martelly, son œuvre… Sans oublier la Médiathèque.


Du « greenwashing » encore pour faire oublier le PLU qui fait la part belle aux zones constructibles ou semi constructibles, puisque 80% des nouvelles surfaces agricoles proviennent de surfaces naturelles non constructibles par définition.


Là aussi, bon courage pour faire gober aux vrais écolos le bien fondé de sa politique depuis cinq ans ! Les promesses et les belles formulations au futur, cela ne fonctionne plus auprès des électeurs de mieux en mieux informés et de plus en plus engagés.


Coucou Le Pen…


Un grand écart aussi, quand J Viaud fait de l’œil à l’électorat du Rassemblement National.

Lorsqu’il laisse publier les insanités de Jean-Marc Degioanni dans « Le Kiosque ». Même Nice-Matin, dans un article d'Eric Farel s'en était ému. C'est dire...


Quant aux seconds tours de la présidentielle et des législatives, il préfère le silence, plutôt que d’appeler à voter pour un parti démocrate et républicain, contrairement à son opposant Paul Euzière, qui, lui, appela ses électeurs à faire barrage au Rassemblement National dès les résultats du premier tour connus, sans ambigüité.

Jérôme Viaud croit sans doute que les électeurs sont amnésiques.


Et comme il n’est que très rare que les absences régulières des élus du RBM/RN/FN ne fassent de commentaires dans la presse locale, ces derniers brillent sereinement par leurs absences depuis plusieurs mois, en commissions, en conseils municipal et communautaire.


Le météore J. Cochet pressenti pour reprendre la tête de liste à Grasse a disparu des écrans radars après sa démission surprise.


JM Degioanni n'est plus en odeur de sainteté dans les instances du RN qui cherchent activement une tête de liste. Là aussi, cela serait une aubaine pour J. Viaud de ne pas avoir de concurrent soutenu par un gros parti. Ceci expliquant la complaisance de J. Viaud aux dérapages verbaux récurrents de JM Degioanni, en vue de préserver un capital sympathie du côté des électeurs RN. L'arrivée d'une tête de liste inconnue pourrait gêner les plans de J. Viaud dans ses petits arrangements d'arrière-cour avec la tête de liste actuelle qui en tout état de cause n’est plus membre du parti de M. Le Pen.


J. Viaud avait le soutien implicite des 30 adhérents du RPF06, un groupuscule fidèle aux méthodes Pasqua et du SAC. D'abord élus avec les voix du Rassemblement Bleu Marine/Front National, ils ont rejoint, sans grande surprise, la majorité municipale, obtenant une délégation fantôme et les indemnités qui vont avec.

Un deuxième cadeau avec la mission tout aussi fantôme d'un ex-conseiller municipal de l'ère Leleux, payé 26 000 euros sur deux ans comme employé municipal.

Il faut dire que les RPF 06 sont très assidus à toutes les manifestations organisées par la mairie et « grossissent » les rangs pour les photos. Un retour d'ascenseur en quelque sorte. En attendant, peut-être, le prochain square « Charles Pasqua » que ces 30 personnes appellent de leurs vœux, délibération retirée en conseil municipal face à la bronca du groupe Grasse A tous / Ensemble et Autrement et d’une partie de la majorité municipale, très gênée par cet hommage soudain à un politicien sulfureux et multi-condamné.


Toujours à la droite extrême, « Debout La France » de N. Dupont-Aignan était aussi associé aux LR pour cette élection, à travers Jean-François Laporte. Entre temps, ce parti s'est fourvoyé dans le naufrage de la présidentielle avec Marine Le Pen et a essayé de tirer les marrons du feu durant la crise des Gilets Jaunes (Caramba, encore raté !). Se rangera t il du côté du Rassemblement National ou des LR ? Sûrement du côté de la où la soupe est la plus chaude. Le RN n’ayant aucune chance de prendre la Mairie de Grasse.


Mais alors quelle stratégie ?


La stratégie potentielle devient de moins en moins claire. Comme si les positions tranchées de Laurent Wauquiez et Eric Ciotti avaient complètement flouté le message traditionnel de la droite, ce qui peut paraître paradoxal.


De plus, la situation est bien différente qu'il y a cinq ans.


Le Maire de Grasse devra d'abord défendre son bilan. Et aux vues des dossiers brûlants qui se présentent cela va être très compliqué. Entre Martelly et la Médiathèque, la campagne pourrait être aussi émaillée d'affaires dont J. Viaud se serait bien passé : le jugement du Château Diter, la vente (ou pas) du golf de la Grande Bastide, la soulte de Belambra, les affaires de concussion diverses et variées, etc., …et bien d'autres affaires qui finissent toujours par prendre une résonance particulière au moment des campagnes électorales.


La somme des réalisations est aussi bien insuffisante et ce n’est pas quelques tonnes de goudron et quelques milliers d’euros distribués en dernière minute à certaines associations qui serviront de cache misère.


En 2014, J. Viaud avait le soutien de l'UDI, de DLF, du RPF 06 (plus tardivement, officiellement).


Le refus de l'UDI de s'associer avec les LR pour les Européennes fut mortifère. Quel va être le positionnement de celui-ci ? Autant de voix sur lesquelles il ne devrait plus pouvoir compter. Même si la ligne Wauquiez/Ciotti a été balayée, qui va reprendre les LR : Larcher, Sarkozy… ? Pour quoi faire ? Avec quelles forces ?


Eric Ciotti, numéro 2 de fait du parti avec Wauquiez, gardera-t-il la main sur les investitures LR ? Rien n'est moins sûr. Un Jean-Paul Camerano soutenu par une partie des LR et issu de leurs rangs pourrait lui aussi prétendre à une investiture.


Il ne faut pas oublier que les élections municipales sont des élections particulières ou la logique des grands partis, dans les petites et moyennes villes, fonctionne moins que sur les grosses agglomérations. Il y a de nombreux candidats sans étiquette qui font des scores plus qu'honorables. En 2014, sur Grasse et au premier tour, les listes sans étiquettes avaient réuni plus de votes, que la liste arrivée en tête.


La campagne d'Emmanuel Macron, la crise des Gilets Jaunes, ont démontré une aversion de plus en plus grande des citoyens pour les politiques professionnels.

C'est la fin d'un cycle pour les élus qui pratiquent le clientélisme pour faire oublier leurs incompétences et leurs compromissions.


Les électeurs demandent de la probité, de la compétence.... et des résultats.


Trois points où J. Viaud et les LR qui dirigent la majorité municipale grassoise actuelle ont clairement failli.


Pour conclure, il est toujours bon de rappeler que les voix appartiennent aux électeurs et non aux partis.


*Greenwashing : l’écoblanchiment, ou verdissage, aussi nommé greenwashing, est un procédé de marketing ou de relations publiques utilisé par une organisation (entreprise, administration publique nationale ou territoriale, etc.), dans le but de se donner une image de responsabilité écologique trompeuse. La plupart du temps, les dépenses consenties concernent davantage la publicité que de réelles actions en faveur de l'environnement et du développement durable.


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