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  • La Rédaction

Dans le « Kiosque », l’extrême droite entre remugle et divagation, en toute liberté



Au conseil municipal de Grasse, il y a trois groupes d’opposition : Grasse à tous, ensemble et autrement et l’Alternative.


Le troisième groupe est le Rassemblement bleu marine. L’attitude de ses trois représentants se constate tristement chaque mois dans le « Kiosque ». Nous avons donc relu toutes les interventions de 2018. Cette soi-disant opposition a osé toutes les outrances, et les revirements.


Janvier, après les vœux, les élus RBM éreintent les initiatives de la majorité municipale (Médiathèque et Martelly, notamment). Et ne peut s’empêcher de conclure par un curieux mais pas surprenant « la France s’enlise et Grasse sombre » et une citation de « Mère Thérés », sans doute Mère Theresa sans « a » et avec des accents. C’est quand-même curieux que ces membres du RBM, aussi acharnés contre les étrangers, notamment les musulmans, citent une sainte (prix Nobel de la paix), qui aura soigné et secouru toute sa vie des êtres humains, sans distinction de couleur de peau ou de religion.


Février, c’est le Président de la République qui fait les frais de le RBM local « (…) il s’agit là d’une propagande des pires dictatures (sic) ou bien alors d’une crise de ‘’macronite’’ aiguë. » Puis une phrase : « Les tensions dans notre pays n’ont jamais été aussi exacerbées, les communautarismes ne se sont jamais autant bien développés et n’ont jamais atteint une telle ampleur, notamment le repli de la communauté musulmane ‘’sur ses valeurs’’. Le problème N°1 reste l’immigration dont l’ampleur est telle aujourd’hui dans notre pays. » Toute cette pseudo analyse sans apporter le moindre chiffre officiel et sérieux.

Rien sur la situation de la commune qui pourtant le mérite bien.


Mars, retour au local. « Grasse se porte plutôt mal », « l’essentiel des financements étant absorbé par la médiathèque », « le commerce est en berne », « l’attractivité de notre ville n’est pas bonne, l’entretien des voiries et des réseaux laissent à désirer ». Et de conclure « terrible constat direz-vous ? Certes constat hélas très réaliste ». En effet le constat est terrible pour des élus qui écrivent des généralités, à court d’argument et de connaissance des dossiers, pour en faire des réalités, sans chiffres, sans faits précis.


Avril, Sous le titre « Interdits démocratiques », les auteurs citent une liste avec en premier cet interdit qui va rester longtemps dans les annales du courant d’air et de la récupération : « interdit de circuler à une vitesse raisonnable »… combien ? Puis une autre perle « interdit de défendre ou de croire à d’autres convictions que celles politiquement correctes »… lesquelles ? « Interdit de parler et d’écrire librement », « interdit de draguer », « interdit de se garer et circuler en centre-ville », « interdit de parler d’islamisation en France », « interdit de dire qu’il existe un racisme anti blanc »… on arrête là cette liste ubuesque pour signaler aux auteurs qu’il est interdit d’interdire. Après avoir comparé notre pays à « Cuba, La Corée du Nord, la Chine, le Venezuela », le délire se conclut par « c’est bien en France que cela existe sous l’égide de Monsieur Macron. En marche pour la dictature ». Aucune info sur la commune.


Mai, un grand coup de mistral souffle sur l’opposition d’extrême-droite. Sous le titre « Une opposition digne, s’il vous plait », nous pouvons lire que : « Chacun peut le constater quelle que soit la décision prise par le maire de Grasse et son équipe, l’opposition de centre droit et de gauche critique systématiquement. » « Nous sommes la seule opposition à la décadence généralisée et à la submersion par des cultures qui ne seront pas et ne seront jamais les nôtres. Mais ce n’est que bon sens que de reconnaitre les réalités telles quelles sont et notamment l’amélioration des finances publiques par le maire actuel est une évidence pour qui a un peu de bon sens et de partialité (sic) ». Le vent souffle très fort. Il souffle encore plus fort quand l’opposition d’extrême-droite, après avoir critiqué en janvier le maire pour les projets ruineux de la Médiathèque et de Martelly, trouve à ces deux projets des vertus urbanistiques. Qu’est ce qui a poussé « l’opposition vraie » à ce revirement ? Sans oublier « … cette ville qui tente de survivre après 40 d’errance et des gestions communistes qui l’ont profondément affaiblie. » Et l’article se conclu par « (…) ne comptez pas sur nous pour nous mêler au bal des hypocrites et des malveillants. » !


Juin, c’est encore plus bas ! Les auteurs citent les naissances parues dans le quotidien local pour stigmatiser le « pourcentage élevé d’enfants d’origines étrangère », sur un jour, sans autres preuves, sans rien de précis, en citant les prénoms. C’est vraiment bas ! Puis l’auteur se répand dans un délire échevelé mêlant « l’UMP et ses représentants, responsables du regroupement familial, du droit au sol, attentats de Paris, Sarkozy, Estrosi, Ciotti. » L’auteur écrit aussi que « comment ne pas s’inquiéter pour l’avenir de Grasse, de la Côte d’Azur et de la France. » C’est vrai, il y a de quoi s’inquiéter quand on lit de pareilles lignes.


Juillet/août, paf!, l’auteur tape sur le maire précédent, Jean-Pierre Leleux et le nouveau maire, Jérôme Viaud. Pourquoi ? Et bien parce que l’élu RBM qualifie la ville de « rebut de la Côte d’Azur », expression refusée par le nouveau maire. Puis en remet une couche sur l’ancien maire et le nouveau, évoque le déficit (90M€) et, c’est maladif, « l’image déplorable due à une concentration de population d’origine étrangère… Grasse paye comme tant d’autres villes la politique immigrationiste voulue par tous les dirigeants de notre pays… Réveillez-vous Grassois avant de succomber ». Et le Plan local d’urbanisme qui donne la part belle aux promoteurs et les espaces verts bradés, c’est la faute de l’immigration ?


Septembre, sous le titre « Grasse distille des promesses », le responsable du RBM tape encore sur le maire, Jérôme Viaud… après l’avoir encensé en mai. Un autre coup de vent à géométrie variable. La rénovation de l’avenue Thiers, la Médiathèque, Martelly, l’échangeur de la Paoute et… « Le centre-ville où s’installent violence et trafics en tous genres, se paupérise et se marginalise, il devient même difficile d’y travailler. » Fine analyse de la part de l’auteur de ces lignes qui travaille en centre-ville, notamment avec des personnes qu’ils stigmatisent à chaque intervention en conseil municipal ou dans le « Kiosque » et qui participent au chiffre d’affaire de son cabinet. Il est vrai que si l’argent n’a pas d’odeur, il n’a pas aussi de couleur de peau. Et encore moins de croyance, car dès qu’on parle d’argent, tout le monde a la même religion. L’auteur conclu par « chassons ces politiques incapables d’enrayer le déclin de notre société. » Ces lignes ne rassurent pas.


Octobre, le RBM local tape sur le maire et son équipe : Médiathèque, Martelly, funiculaire. Et, au lieu de développer sérieusement ces trois projets ruineux pour les Grassois, l’auteur met la faillite du centre-ville sur le dos de… « L’islamisation qui plombe tous les efforts consentis par les commerçants du centre-ville pour pérenniser leur outil de travail ainsi que les emplois… ». Puis termine par un énième couplet sur l’échec de la mixité sociale qui serait confirmée par « n’importe quel sociologue », lequel ?


Novembre, Il y est question de la démission ou des démissionnés au sein de la majorité municipale. « Nous ne nous immiscerons pas dans ce débat aux odeurs nauséabondes qu’elles finiraient par pique le nez de certains. » Il est vrai que donner en pâture à une certaine vindicte les prénoms d’enfants qui déplaisent au RBM local est glorieux, honorable et surtout pas nauséabond. Puis l’auteur déclare sans frémir : « Nous nous honorons quant à nous de garder le cap », puis « Il faudra pour relever cette ville dont le délitement saute désormais aux yeux de chacun, après des dizaines d’années d’errements des maires successifs, une équipe solide et déterminée pour tenter de lui redonner lustre et avenir radieux. » On se demande bien comment cette équipe va « relever » la ville.


Décembre, le titre est abracadabrantesque : « TOUT EST RATE DANS CE PAYS ». La suite est délirante. On y apprend que la « France est gouvernée à gauche. Que de Gaulle a offert aux communistes ce qu’ils exigeaient à l’époque pour avoir la paix sociale ». Comme la Sécurité sociale ? Peut être que ces élus locaux souhaitent un retour en arrière, avec un maréchal à la tête du pays ? Allez savoir, tout est si confus. Puis, Macron, Hulot, Royal passent à la moulinette. Mais rien sur l’actualité locale.


Pour conclure, l’auteur cite George Bernard Shaw, avec une saillie sur le socialisme, tout en oubliant de préciser que Shaw était… socialiste ! Et que « Shaw considérait qu'il était très important que l'humanité se bâtisse désormais, d'après sa propre théorie ‘’eugéniste’’, selon un encouragement général au métissage et au mariage entre différentes classes sociales. » L’inverse de ce que le RBM prône. A vouloir citer un auteur sans le connaitre pour renforcer un propos, on écrit mal son prénom et on dénature son œuvre.


Maintenant nous comprenons mieux pourquoi les élus du RBM local ne s’aventurent pas plus précisément dans les dossiers qu’ils ont à traiter en conseil municipal ou dans le « Kiosque ». Ils ont pourtant les mêmes documents que tous les élus. Cela s’explique : à travers les postures du RBM local, nous pouvons constater que les discours récurrents sur l’immigration ou l’islamisme, masquent l’absence de travail et participation à toutes les commissions, que ce soit en conseil municipal ou en CAPG. Leur seule présence se résume aux séances publiques et aux discours que nous avons mis en exergue plus haut.


Pour conclure, il est curieux que le maire de Grasse, Jérôme Viaud, responsable de la publication, n’intervienne pas en lisant les propos xénophobes tenus par les représentants du RBM local dans le « Kiosque ».


#Grass06 #Grasse #Jeromeviaud

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