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  • La Rédaction

Cryptosporidiose : Où en sommes-nous ?


Jeudi 28 Novembre à 17h, a eu lieu une réunion du conseil municipal en Mairie principale sur le sujet de la contamination de l’eau par la cryptosporidiose.


Etaient présents :


- Le secrétaire général de la préfecture, représentant la sous -préfète de Grasse

- La directrice adjointe du CH de Grasse

- 3 représentants de l’ARS (Agence Régionale de Santé, véritable représentant de l’Etat sur le domaine de la santé)

- 1 représentante de Suez

- Le Directeur Général des Services de la Ville de Grasse

- Le Directeur Général des Services Techniques de la Ville de Grasse

- Jérome Viaud accompagné de 11 membres de la majorité

- 3 membres de l’opposition (Ludovic Brossy pour Grasse à tous Ensemble et Autrement - Myriam Lazreug et Stéphane Cassarini)


Après une présentation de l’objet de la réunion par J Viaud, le premier à prendre la parole est le secrétaire général de la préfecture :


- Il y a eu déjà 2 réunions avec l’ARS, la préfecture et les services techniques de la mairie

- Insiste sur le fait qu’avec environ « 100 cas identifiés sur un bassin de 90 000 personnes, on ne peut pas parler d’épidémie »

- Tous les prélèvements depuis la semaine du 22 Novembre sont négatifs, un seul a été détecté positif dans une borne incendie


L’ARS intervient ensuite. D’abord sur les aspects médicaux, puis sur les aspects techniques.


Sur les aspects médicaux :

- 1ère alerte le 13 Novembre par le laboratoire Bioestérel qui détecte 34 cas

- 4 cas ont été identifié au CH de Grasse (3 personnels et 1 patient)

- Ce sont des cas sporadiques qui représentent en général, 2% des cas de gastro-entérites.

- Il ne s’agit pas d’un parasite mortel, les formes les plus graves sont constatés chez les personnes immunodéprimées par des déshydratations sévères

- 110 cas signalés, 102 ont fait l’objet d’une enquête pour déterminer la source de la contamination

- Les symptômes varient selon les cas, si le sujet contaminé est plus ou moins résistant au parasite : vomissement, maux de ventre, maux de tête, fièvre, diarrhées

- Tous n’ont pas été signalés, ou ne sont pas signalés.


Sur les aspects techniques :

Pourquoi les recherches se sont concentrées sur l’eau :

- 95% de contamination sont hydriques (eau du robinet, piscine etc…)

- L’eau est une ressource sensible

- Absence de périmètre de protection autour des zones de captation

- Absence de traitement efficace

- Description de l’épidémie


Les parasites ne sont pas recherchés de façon chronique dans la qualité de l’eau. Le process de recherche est long et nécessite de nombreuses manipulations. C’est donc une procédure exceptionnelle.


Il y a eu 54 analyses, 32 résultats et 1 seul point a été détecté positif au 27 Novembre.


2 pistes de contamination envisagées :


- Contamination par des troupeaux d’animaux à proximité des points de captage

- Contamination par détérioration du biofilm présent dans toutes les canalisations. Le biofilm est un amas de cellules biologique qui s’agglomèrent sur les canalisations, naturellement et sans danger pour la santé. Ce biofilm peut enfermer des agents pathogènes. Si il est détérioré (travaux, pierre emportée dans la captation, etc..), ces agents pathogènes ont pu être libérés et contaminer les usagers.


Ensuite interviennent la représentante de SUEZ et le Directeur des Services techniques :

- Les recherches se concentrent autour du Foulon.

- Des communes ont été ou vont être déconnectées de cette approvisionnement en eau : Roquefort, Châteauneuf de Grasse, Opio, Le Rouret

- 400 km de canalisation sont à purger. Il est impossible de les purger en même temps pour éviter la rupture de consommation en eau. Cela va donc se faire bassin par bassin jusqu’à la fin du mois de Décembre, du haut vers le bas.

- Mise en place de filtre avec un tamis de 0.1 micron au niveau de la source, le seul qui peut bloquer le parasite. Cela nécessitera plusieurs mois de travaux et 1 million d’euro d’investissement.


Le CH de Grasse précise qu’il a mis en place immédiatement la filtration de l’eau et que de l’eau en bouteille est distribuée à l’ensemble des patients.


Pas de question des élus de la majorité.


Quelques questions des élus de l’opposition.


Pour M Lazreug et S Cassarini,

- Quand l’eau sera de nouveau consommable ?

o Réponse : pas de date, sans doute à la fin des purges, si les analyses continuent d’être bonne


Pour L Brossy - Grasse à Tous Ensemble et Autrement :

- A quel nombre de contaminations peut-on dire qu’il s’agit d’une épidémie ?

o Réponse : (Concertation entre les personnes de l’ARS). Cela dépendant des cas.

- Qu’est ce qui a changé entre le 15 et le 22 Novembre et pourquoi ne pas avoir déclaré le principe de précaution dès le 15 ?

o Réponse : Le préfet a considéré qu’a 34 cas, il n’y avait pas d’épidémie. Puis, il y a eu 50 cas supplémentaire entre le 15 et 22 qui ont poussé l’ARS à émettre cette recommandation de non consommation d’eau pour les plus fragiles.

- Quel est le traitement pour les cas les plus sévères ?

o Réponse : de la réhydratation accompagnée d’antibiotiques


Commentaires de la rédaction de Grasse Matin :


Ceci est la retranscription des informations communiquées par les autorités présentes : La Mairie, l’ARS, la Préfecture et le CH de Grasse. Chacun en tirera les conclusions qu’il juge être pertinentes.


Depuis, un foyer de parasites a été détecté dans un réservoir de Bar sur Loup.


1er point discutable : le seuil épidémiologique

Lorsqu’on recherche sur Internet différentes informations apparaissent. Pour les gastro-entérites, en période d’été le seuil est de 100 pour 100 000, alors qu’il est de 290 pour 100 000 habitants en période hivernal. Ceci pouvant expliquer le premier communiqué de l’ARS, le préfet n’estimant pas que l’on soit dans une épidémie marquée.

Néanmoins, même si on est au tiers des cas déclarés, il faut prendre en compte que chaque personne contaminée ne réagit pas de la même façon. Tout le monde ne va pas consulter pour une gastro-entérite, il aurait fallu recouper ces informations avec l’absentéisme scolaire, les cas de gastro dans les maisons de retraite etc… pour avoir une idée plus précise. Le nombre de 110 cas est donc largement sous-évalué.


2ème point discutable : la qualité de la communication qui n’a pas été spécialement claire, et donc entraine suspicions, psychoses et autres réactions. La contamination de l’eau à un parasite, cela peut arriver, et comme expliqué plus haut, il est extrêmement difficile d’agir en amont à cause de la période d’incubation et des protocoles de tests assez fastidieux. Avec 34 cas déclarés par un seul laboratoire, il aurait été sans doute plus sage, sans verser dans le catastrophisme, d’appeler les administrés à prendre leur précaution plus tôt, et gagner une semaine sur des contaminations supplémentaires.


3ème point discutable : la détérioration du biofilm n’est pas crédible d’après des spécialistes du traitements des eaux que vous avons contacté. D’après eux, le biofilm peut contenir des bactéries mais pas des parasites. Ce qui laisserait le champ quasiment libre à une contamination par des déjections animales. L’état du canal du foulon qui va être réparé dans les 20 prochaines années à raison de 1km par an ne permettra pas de garantir que cela ne va pas se reproduire. La mise en place d’un filtrage au niveau de la source, alors que le canal est bien détérioré est-il vraiment pertinent à l’horizon des 20 prochaines années ? Ne serait-il pas plus efficace de positionner le filtrage à la sortie du foulon ?


Une nouvelle réunion est prévue ce jour, 3 Décembre, pour faire le point sur l’avancement des travaux.


#Grasse #Grasse06 #VilledeGrasse #JeromeViaud

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