Rechercher
  • La Rédaction

Cryptosporidiose : des conséquences économiques qui font aussi ch…l’industrie Grassoise



Depuis 3 semaines, la qualité de l’eau potable est le sujet récurent dans toutes les discussions des Grassois. A ce jour, 130 cas ont été formellement identifiés, mais combien de cas ne le sont pas. En effet, la majorité des personnes ne vont pas consulter pour une simple gastro-entérite. Les symptômes étant variables suivant les cas, seuls les cas les plus graves ont été consulter (lorsque que cela dure plus de 3 jours). De plus vu qu’il n’existe aucun traitement autre que les antibiotiques, la plupart des personnes contaminées, prennent leur mal en patience et ne rentre dans les statistiques officielles.


Les enfants souvent bien moins immunocompétents que les adultes ont été les premières victimes en nombre du parasite avec un taux d’absentéisme constaté dans les écoles et collèges plutôt élevé comparé à une période normale.


Outre l’absentéisme dans les écoles et les entreprises, l’autre grosse conséquence que personne n’évoque c’est l’impact sur l’industrie grassoise qui produit parfois des arômes sur des bases hydriques.


On peut voir ici la communication du syndicat des industries grassoises avec plusieurs infos importantes, en 3 mails différents :



Le premier le 22 Novembre, jour de l’annonce l’activation du principe de précaution



Le deuxième, le 25 Novembre afin de mettre en place les protocoles d’élimination



Le troisième, plus tard dans l’après-midi, précisant la taille des tamis.




Voici en résumé le contenu des mails :


- Le parasite ne peut être éliminé qu’avec des filtres à 0,5 micron

- Le parasite résiste à l’alcool (utilisé dans certaines préparations)

- Le parasite est éliminé par la chaleur (10 min à 60°c, ou 2 min à 100°c), la dessiccation (élimination de toute humidité), les UV et l’ozone


Dès lors pour les entreprises grassoises qui utilisent des préparations aromatiques sur des bases hydriques, que faire ?


- Jusqu'à quand doit on remonter pour tester la production ? Doit on rappeler les produits envoyés ces dernières semaines ?


- Si le parasite est détecté dans une des préparations que doit-on faire ? Chaque traitement a un impact sur la qualité des produits. Ce qui voudrait dire que les produits qui ne sont pas ajoutés dans aliment cuit seraient bon à jeter.


La « bonne nouvelle » c’est que les préparations pour les arômes alimentaires à base d’eau ne représentent que 10% des productions chez les poids lourds grassois, ce qui limite l’impact sur la production et les livraisons, mais il y a néanmoins un vrai impact financier.


Les solutions proposées par l’ARS sont néanmoins difficilement applicables pour plusieurs raisons :


- Filtrage : vu la petitesse du tamis et les volumes d’eau parfois importants, cela va ralentir la production de façon significative

- Les producteurs ne sont pas équipés de matériel leur permettant de faire bouillir l’eau

- L’ozone va forcément modifier la qualité du produit

- Pour les UV, même problème que le filtrage.


On notera aussi dans le deuxième mail, les difficultés de l’ARS qui, ne trouvant pas la source de la contamination, est bien incapable de donner une directive précise.


Cette situation, même si elle n’est pas vraiment critique d’un point de vue sanitaire, est une piqure de rappel pour chaque Grassois.


L’eau est un bien très précieux qui doit être préservé et protégé

Sans eau potable, la vie devient très compliquée pour tout le monde


Imaginez un glissement de terrain sur le Canal du Foulon et l’impossibilité de réparer avant plusieurs semaines.


Dès lors on peut se demander ce qu’on fait depuis les 25 dernières années, les maires en place qui ont laissé le canal du Foulon à la merci des éléments et du temps, sans véritable plan d’entretien, sans vision sur les impacts et les conséquences d’un canal ouvert aux 4 vents. A raison de 1km de réfection par an, il va falloir 23 ans pour protéger l’approvisionnement. Après avoir signé et transmis la gestion à la Lyonnaise des Eaux, Jean-Pierre Leleux voulait installer une usine de filtrage à 10 millions d’euros sur le point de captation…Très utile quand on sait que la canalisation est complètement trouée.


La Délégation de Service Public n’est clairement pas un succès et il va falloir sans doute se poser les bonnes questions sur la gestion de cette ressource essentielle pour notre santé et nos entreprises.


#Grasse #Grasse06 #JeromeViaud #VilledeGrasse

162 vues

© 2018